Petit massacre immobilier en perspective à Belle-Ile, en Bretagne

Durée de lecture : 2 minutes

31 mai 2013 / Agence Bretagne Presse



C’est un de ces milliers de projets qui, à coups de lotissements et de petites zones comerciales ou artisanales dévorent les terres : un projet immobilier spéculatif et inutile sur la grande île de Belle-Ile, dans le Morbihan.


Un Bellîlois, devenu promoteur, veut implanter 56 à 67 maisons sur un espace de 21 543 m2 à la sortie de Palais au lieu-dit Penecam. Il ne s’agit que d’une opération d’entassement urbain, à caractère strictement lucratif. C’est d’ailleurs une clientèle particulière qui est visée, le produit est en effet proposé à des acheteurs potentiels aisés comme le prouve la méthode de prospection utilisée (courriels adressés nominativement à des cadres ou des chefs d’entreprise du Continent).

Ce projet ne correspond en rien aux besoins locaux de logements, ne serait-ce que par le nombre prévu (énorme par rapport à la capacité annuelle de construction de nouveaux logements dans l’île) et le prix de vente : 300 euros le m2 de terrain nu.

Ce terrain avait d’ailleurs été préempté à juste titre par la commune de Palais au moment de l’achat par le promoteur. Il s’agissait de constituer une réserve foncière proche du centre ville et des commodités destinée à être aménagée progressivement pour les insulaires - avec une densité plus adaptée aux besoins de résidents principaux et au contexte urbain. Elle a malheureusement perdu le procès que lui a intenté le promoteur.

Une verrue qui défigure la sortie de Palais

L’examen des plans montre un ensemble d’une forte densité d’habitations. Le terrain est découpé en petites parcelles – entre 200 et 400 m2 en majorité, toutes les maisons seront disposées en rangs d’oignons, orientées dans la même direction.

Cet ensemble « passe partout », sans âme, comme on en voit à l’entrée des grandes agglomérations n’a rien à voir avec les traits urbains traditionnels de l’île que chacun veut préserver. Il ne s’intègre pas du tout au paysage bâti du secteur. Et que dire du déséquilibre démographique créé par l’occupation de 67 maisons, de la capacité des infrastructures (routes, réseaux divers) à « digérer » un ensemble aussi dense.

Quant aux retombées économiques pour l’île, elles risquent d’être bien négligeables, les divers travaux ne seront pas apparemment confiés aux entreprises locales.

Aménager, oui, mais…

Les associations examinent de près le dossier et sa cohérence avec le SCOT en projet. Elles sont résolument opposées à une urbanisation excessive au mépris des paysages et de l’environnement et elles exigent la prise en compte des besoins de logement de la population. Elles pèseront pour que les alentours de Palais ne soient pas défigurés par un lotissement de type banlieue du continent et pour que Belle-Ile reste Belle-Ile.

Plan du lotissement de 56 maisons. Source : dossier de permis.

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- L’union Bellîloise pour l’Environnement et le Développement (UBED)
- Les Amis des Chemins de Ronde (ACR)
- L’association pour l’application de la loi littoral dans le pays d’Auray (AALLPA)
- L’Union pour la mise en valeur esthétique du Morbihan (UMIVEM)






Source et photo : Agence Bretagne Presse

Contact pour plus d’infos : Bellilloise pour l’environnement et le développement

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