Pierre Gattaz, patron du Medef et de l’anti-écologisme rétrograde

Durée de lecture : 2 minutes

11 juillet 2013 / Laurence Rossignol

Vivent les gaz de schiste, à bas la fiscalité écologique ! La première sortie du nouveau président du syndicat patronal, brille par sa vision rétrograde.


De la première émission de radio du nouveau patron du MEDEF, on retiendra surtout qu’il se déclare, tout à la fois, favorable à l’exploitation des gaz de schiste et défavorable à toute fiscalité écologique ainsi qu’à la fermeture de Fessenheim.

Tout au plus, concède-t-il que si les gaz de schistes devaient polluer « massivement » l’environnement, il faudrait y renoncer, mais il a « confiance dans la science, la technologie et le progrès ». Comme il ne nous dit pas à quel niveau la pollution peut être qualifiée de massive, on peut craindre que son seuil personnel de tolérance soit élevé...

Son propos simpliste et dogmatique, illuminé de la magie de l’exemple US, révèle par ailleurs une grande ignorance des incertitudes sur le potentiel économique de l’exploitation des gaz de schistes en France.

Étonnant, notons-le aussi, qu’après une semaine au cours de laquelle on a beaucoup parlé du pouvoir d’entrave des lobbies sur la transition écologique, il consacre sa première sortie à confirmer ce que d’autres mettent en doute. Provocation ou maladresse ?

Mais plus inquiétant encore est le choix de son positionnement et ce qu’il a voulu imprimer comme image. La brutalité de sa charge sur les gaz de schiste, le nucléaire et la fiscalité écologique le positionne comme le rempart patronal à la transition écologique. C’est pour lui, au mieux un non sujet, au pire un obstacle au redressement économique.

Pierre Gattaz a parlé comme un patron des années 1970. On se souvient du père, on attendait le fils, on a eu le grand-père.

Si il s’obstine dans cette posture, il y a de quoi être inquiet. Pas seulement de l’indifférence qu’il révèle à l’égard de la protection des écosystèmes mais pour la capacité d’une partie du monde économique français à prendre le tournant de la croissance verte, des nouvelles filières industrielles, et de la mutation de nos modes de production.

Le nouveau responsable du MEDEF n’a pas compris où résident les gains de productivité de demain et les nouveaux secteurs de création de richesse.
Pour conduire le redressement productif , il est courant de dire que nous avons besoin des entreprises.

C’est vrai, mais nous avons besoin d’un discours entrepreneurial moderne et visionnaire capable de revendiquer des politiques publiques utiles à la mutation de notre économie.




Source : Le blog de Laurence Rossignol

Photo : Le JDD.fr

Lire aussi : Débat sur l’énergie : le Medef voulait enterrer le document de synthèse

12 novembre 2019
Pour les jeunes des centres sociaux, « la nature parle mais les hommes ne l’écoutent pas »
Reportage
12 novembre 2019
Qu’est-ce qu’un nano-plastique ?
1 minute, 1 question
12 novembre 2019
Près d’Orléans, les citoyens défendent la forêt contre les bulldozers
Reportage




Du même auteur       Laurence Rossignol