Pour sauver sa ferme, Dominique cherche des citoyens pour racheter ses terres

Durée de lecture : 2 minutes

15 novembre 2013 / Ouest France

Dominique Boutouiller, maraîcher biologique à Plougonver (Côtes-d’Armor), voit l’équilibre de sa ferme menacé par le poids des crédits. Il propose une propriété collective de l’exploitation.


L’initiative

« J’ai toujours voulu être paysan, j’aime mon métier et je voudrais continuer. » Sa gamme de légumes de saison, produits sous serre ou en plein champ sur la ferme de Kergalaon à Plougonver, est appréciée par sa clientèle sur les marchés (il commercialise 80 % de sa production en vente directe). Mais la pression financière et la charge de travail ont amené Dominique Boutouiller à reconsidérer sa situation : « Soit je m’endette à nouveau auprès des banques, soit je crée une société civile immobilière (SCI) agricole, qui achèterait mes terres et dont je deviendrais locataire. »

« Épargne locale »

Soucieux d’éviter la spirale de l’endettement, le maraîcher a choisi de solliciter l’aide des citoyens désireux de soutenir le modèle agricole qu’il pratique et, par là même, de s’impliquer dans l’avenir de leur campagne. Particuliers, associations, entreprises peuvent acheter des parts dans la SCI agricole de Kergalaon et devenir collectivement propriétaires des 25 hectares de légumes et de blé noir. « Je pourrais ainsi financer les emplois manquants pour rendre la charge de travail supportable, éventuellement aider un jeune à démarrer... »

Dominique est accompagné dans ce projet par Delphine Leroux, de l’association Terre de liens qui a soutenu, depuis 2006, sept SCI ou GFA (groupement foncier agricole) costarmoricains. « Est-ce au fermier de supporter l’achat des terres, en plus de l’investissement nécessaire en matériel, cheptel, semences... ?, demande-t-il. C’est une question qu’il faudrait se poser à l’installation. Une structure collective et citoyenne est une bonne alternative. Elle permet aussi une transmission plus facile de l’exploitation [...] Mais ce n’est pas une solution en soi. Il faudrait une véritable politique d’accès au foncier. »

Pour Michel Le Boulc’h, du Groupement des agriculteurs biologiques (Gab), et Isabelle Allain, de la Confédération paysanne : « Il faut sortir le foncier d’un contexte soumis au marché et permettre aux jeunes de voir sereinement leur installation. Nous avons d’ailleurs créé un collectif paysan pour travailler en ce sens. »


Contacts : 02 96 47 95 35 ; lafermedekergalaon (arobase) orange.fr ;
Terre de liens : 02 99 77 36 71.



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Source et photo : Ouest France

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