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Tribune —

Premier Mai : Ne pas quémander des miettes. Changer !

Plutôt que de réclamer du pouvoir d’achat, il faut interroger la finalité du travail.

Appel à un 1er mai abolissant le salariat, le productivisme et tout le reste (tant qu’à faire)

Deux fois de suite déjà, le ras-le-bol général, la dénonciation de l’absurdité de notre modèle de société ont été réduits à un défilé bien encadré, au son des revendications de hausse de salaires et de lutte contre les licenciements. Et les lendemains, retour à la normale, tout continue comme d’habitude, chacun-e devant son boulot, son caddy, sa télévision.

Le 1er mai risque de ressembler à ça ; à quémander une fois de plus quelques miettes pour s’adapter et survivre à la situation, auprès d’un gouvernement qui participe à la créer et en profite. Défilé annuel engendrant frustration et sentiment d’impuissance.

Mais il est n’est plus possible, à la vue des désastres sociaux, humains et écologiques actuels et à venir, de fêter les travailleur-euse-s sans interroger la finalité du travail, de réclamer une hausse de salaire sans interroger son utilité, sa provenance et ses effets.

Nous sommes nombreux-euses à ne pas vouloir faire perdurer la logique néolibérale, à ne rien attendre du gouvernement, à construire partout où nous le pouvons des modes de relations et d’échanges basées sur la solidarité, l’autonomie, la coopération.

Partout où nous le pouvons, nous faisons le monde dans lequel nous voulons vivre.

Féministes, précaires expert-e-s de la récup, ultragauchistes, non étiquetables, chômeur-euses heureux-euses, vivant-e-s, cuisinier-ère-s autogéré-e-s, lecteur-trice-s diffuseur-euse-s d’infos ambulant-e-s, travailleur-euse-s en questionnement, jardinier-ère-s du dimanche, anarchophilosophes, paysan-ne-s poètes, squatteur-euse-s, empêcheur-euse-s de semer n’importe quoi, autonomes, écolos libertaires, coopérateur-trice-s, transgenres, syndicalistes, empêcheur-euse-s d’expulser nos semblables, et tous les autres.

Nous ne sommes pas marginaux-ales comme voudraient le faire croire médias et gouvernement, nous sommes divers, nous avons des envies, des objectifs, des moyens différents, mais nous nous retrouvons dans les luttes et dans la volonté d’en finir avec les logiques de domination et d’exploitations des un-e-s par les autres.
Nous sommes présent-e-s dans les luttes sociales et les manifs, parce que la solidarité dans le combat est vital !
Mais nous sommes noyés dans un flot trop sage pour que le monde change.

Cette année, regroupons-nous, montrons qu’on est nombreux-euses et qu’il
n’y a pas de grand soir ni de promesses gouvernementales à attendre !

Le 1er mai, on ne défilera pas pour avoir le droit de travailler ou de
consommer !

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