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Tribune —

Profiter de la crise pour changer de politique de transport

L’industrie automobile n’a pas été capable de s’adapter à la nouvelle environnementale du XXIe siècle. Plutôt que de la soutenir, l’Etat devrait développer les transports en commun et favoriser l’usage du vélo.

Le Premier ministre a annoncé aujourd’hui la mise en place d’un plan de soutien pour l’industrie automobile "pour faire en sorte que le marché automobile redémarre" (sic).
Face à la crise historique qui frappe ce secteur industriel, le gouvernement reste figé dans des diagnostics erronés et dans un conformisme intellectuel dramatique. L’automobile ne doit pas faire face à une crise conjoncturelle de la demande, mais à une inadaptation profonde de ses produits aux besoins de ce début de 21e siècle.

La responsabilité en revient aux constructeurs automobiles qui ont systématiquement refusé de voir les signaux d’alerte depuis de nombreuses années. Pollution de l’air, coût de l’énergie, dérèglement climatique, baisse du pouvoir d’achat : aucune de ces évolutions stratégiques n’a été anticipée par une industrie engluée dans ses certitudes. Les premières victimes - outre les usagers qui paient de plus en plus cher l’usage de leur véhicule - risquent d’en être les salariés du secteur.

Un plan ambitieux est certes nécessaire, mais il ne saurait se limiter à soutenir aveuglément l’industrie automobile. C’est une véritable politique de reconversion industrielle qu’il faut aujourd’hui enclencher, donnant la priorité au développement des transports collectifs et du vélo qui constituent des gisements d’emplois considérables. Par personne transportée, les transports collectifs créent en effet deux fois plus d’emplois (pour la plupart non délocalisables) que l’automobile.
En engageant une telle politique de reconversion, le gouvernement pourrait ainsi concilier efficacité économique, protection de l’environnement et même justice sociale : en renforçant le droit à la mobilité de ceux qui n’ont pas les moyens d’avoir une voiture, ces modes de déplacement contribuent de fait à répondre à la crise du pouvoir d’achat.

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