Réflexions sur les cultures françaises

Durée de lecture : 2 minutes

1er avril 2010 / Sylvie Grasland-Deslot

Au potager, les cultures se croisent et s’enrichissent.


Par les temps qui courent où l’ identité française est sujet à débats, en tant que citoyenne française mais aussi européenne et même terrienne, consciente de l’ urgence de la réflexion sur le développement durable, je me permets d’ apporter ma pierre à cet édifice voulu par Monsieur Besson.

Je suis Française. Je parle et j’écris français. Je connais des histoires, celles de Perrault, mais aussi de Grimm et d’ Andersen (moins, c’ est plus adapté aux petites filles masochistes). Tout ça m’ a été transmis par ma mère, via ma langue maternelle, et au travers d’elle par sa propre mère, Renée Dejans, que la France a accueillie après la fuite de ses parents de Gand face à l’ invasion allemande. Rattrapés par la grippe espagnole, ils ont laissé une très jeune orpheline qui y a survécu tant bien que mal avant de devenir une trop jolie jeune fille (j’ ai vu une photo) employée de maison. Adolescente, j’ai longtemps écouté son assourdissant silence concernant cette partie de sa vie. Mais elle y a élevé ses enfants et je suis née, par hasard, Française.

Comme elle, je suis futée et gourmande, bonne cuisinière, bavarde et ayant la main verte.

Et considérant mon potager, je me fais la réflexion qu’il est très peu gaulois, ce potager. Il n’ y a même pas de salade. Pas l’ombre d’ une feuille de navet ni de céleri ni de panais. Les haricots et les tomates viennent d’ Amérique, la vigne du croissant fertile, les artichauts d’ Italie, les échalotes de Palestine. La cuisine française, celle de Brillat-Savarin, de Curnonsky et de quelques autres, serait une cuisine de légumes immigrés ?

Et si l’ identité française c’ était la capacité d’ assimiler la culture de l’ autre pour la faire sienne ? Si nous étions , nous tous les Français, vêtus de costumes d’ Arlequin constitués de petits losanges :

- écru pour la découverte de la halwa à côté d’ une médina bruissante
- jaune cédrat pour la découverte d’ une conduite automobile où le klaxon est la seule signalisation fiable... sans que les voitures napolitaines soient plus cabossées que chez nous ?
- roux pour la découverte des bulles de la Kilkenny,
- etc...

Si l’ identité nationale française reposait sur le génie de l’ assimilation ? Avec toutes ses difficultés stimulantes pour l’ intelligence, capacité de s’ adapter à la nouveauté ?




Source : http://verts94sucy.canalblog.com/ar...

L’auteur : Sylvie Grasland-Deslot est conseillère municipale Verts à Sucy-en-Brie.

Lire aussi : Une honte nationale http://www.reporterre.net/spip.php?...

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