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Rencontres des ami.es de François de Ravignan à Serres et Greffeil (Aude)

11 novembre 2016



Les 10, 11, 12 et 13 novembre 2016 à Serres et à Greffeil (Aude)

Tout de suite après le décès de François de Ravignan, en juin 2011, un groupe de ses ami(e)s a voulu poursuivre dans la lignée qu’il avait impulsée1. Il y avait alors bien plus qu’un moment d’émotion dans ce contexte particulier. Les journées qui ont suivi, maintenant pendant quatre années consécutives, et les actes qui en sont issus prouvent bien qu’il y a quelque chose de plus que nous tenterons de définir à l’aune de ce que François a imprimé dans nos cœurs et nos intelligences.

Nous sommes toujours sensibles à son courage qui lui faisait dénoncer le productivisme triomphant avec ses rendements, ses dividendes, son industrialisation à marche forcée, le développement et le culte voué à la croissance aveugle.

Il était un pédagogue efficace et nous apprenions avec lui l’histoire de notre pays, la flore, l’architecture rurale, les moulins, les terrasses, les bergeries en ruine, les vieux chemins, les ruelles, les granges ; toutes ces œuvres humaines encore apparentes nous racontent des vies, des possibles et des impossibles. Il fit parcourir à des centaines de personnes nos campagnes et nos villages à travers des « études de paysages ». La reconnaissance de cette histoire agraire et rurale ainsi que cette critique fondamentale du productivisme ont donné sens aux choix de jeunes agriculteurs et de « néo-ruraux » qui, dès les années 70, ont tenté de résister à l’exode paysan et parfois même de revenir sur des terres abandonnées ou dans des maisons en ruine.

Suspecté d’utopie et donc peu pris au sérieux par les tenants d’une pensée dominante, François n’a eu de cesse de réhabiliter ces néo-ruraux, ces petits paysans, qu’ils soient d’ici ou de l’autre bout du monde. Il nous a convaincus qu’ils étaient porteurs d’espoir pour une humanité en détresse qui voit tristement aujourd’hui les résultats d’un siècle de développement matérialiste.

François de Ravignan, c’est plus qu’une cervelle bien pleine, bourrée de culture et de savoir scientifique, c’est aussi un cœur qui ne supporte pas les formes d’exclusion, l’injustice, la chose à moitié faite ; il est toujours sensible à la peine, et c’est là qu’il nous touche même si cette interpellation reste dans le secret de nos cœurs. Son état d’esprit nous invite à trouver notre état d’esprit.

Les thèmes retenus jusqu’ici font état de notre souci qui donne suite au sien.

A travers ceux des Rencontres 2014, par exemple, des acteurs de terrain démontrent que des alternatives sont possibles dans le domaine de la construction, de la restauration de la filière laine, la création d’une chambre d’agriculture par des représentants du monde agricole et à son écoute, la coopérative intégrale toulousaine ou encore l’action au niveau d’une municipalité. L’ouverture de nos problématiques locales à la mondialisation s’illustre par exemple à travers le traité transatlantique. Et en 2015 nous avons parlé de notre mode de croissance, de l’effondrement probable qu’il entraîne, des réponses à y apporter. Tels nous semblent être les thèmes dont François se serait emparé avec vigueur. Ils sont les nôtres aujourd’hui.

Le programme est ici.

Source : courriel à Reporterre




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