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Retraites vertes

Durée de lecture : 2 minutes

8 septembre 2010 / Hervé Kempf


Oui, bien sûr, il faut refuser le projet de réforme des retraites proposé par le gouvernement. Certes, le système de solidarité collective mis en place à l’orée des « trente glorieuses » appelle une remise à plat. Cependant, un gouvernement si ostensiblement proche de l’oligarchie est mal placé pour l’entreprendre. Ce qui est prioritaire, c’est une refonte de la fiscalité qui, en France, comme dans les autres pays occidentaux, a favorisé depuis trente ans les revenus du capital au détriment de ceux du travail.

Le phénomène est bien attesté par de nombreuses études d’organismes officiels : dans les pays occidentaux, la part des salaires dans le produit intérieur brut (PIB) a fortement reculé au profit des revenus du capital. La base de données économiques Ameco de la Commission européenne précise le phénomène (2) : en France, par exemple, la part des salaires dans le PIB est passée d’une moyenne de 63 % dans les années 1960 et 1970 à 57 % dans les années 2000, soit une chute de 6 points. Sachant que le PIB de la France est de 2 000 milliards d’euros, ces 6 points représentent 120 milliards d’euros par an. Un chiffre à comparer au déficit de la branche vieillesse de la Sécurité sociale, qui devrait être de 11 milliards d’euros en 2010. Discuter de la résorption de ce déficit sans poser la question du partage des richesses n’a évidemment pas de sens.

Mais si la récupération du butin amassé par les capitalistes est un préalable, elle ne saurait suffire à résoudre les problèmes : dans un monde où la crise écologique s’affirme toujours plus, la poursuite de l’enrichissement matériel collectif doit être contestée. Le renouveau de la solidarité collective doit être prolongé par une nouvelle conception de l’économie.

« Travailler une heure par jour », un livret au titre provocant de l’association Bizi, basée à Bayonne, peut nous y aider (3). Il rappelle que le travail est focalisé sur l’augmentation de la production, dont les dégâts écologiques sont toujours plus lourds, alors même qu’un nombre croissant de personnes sont exclues de l’emploi. Il explique comment une meilleure répartition des revenus facilitera la baisse nécessaire de la production, celle-ci étant permise par la réduction des gaspillages - tels que les emballages, ou les investissements inutiles, comme la ligne TGV Bordeaux-Hendaye -, l’amélioration de la durabilité des produits, la lutte contre la publicité, le partage du temps de travail. Utopique ? L’utopie, c’est de croire que le système actuel pourra durer longtemps.

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Notes :

(1) Lire lire « Part des salaires : et pourtant elle baisse », de Michel Husson, sur le site www.france.attac.org: http://www.france.attac.org/spip.ph...

(2) http://ec.europa.eu/economy_finance..., cliquer sur 7-Gross domestic product, puis cliquer sur 7.6-Adjusted wage share.

(3) voir sur le site http://www.bizimugi.eu.




Source : Cet article a été publié sur lemonde.fr le 7 septembre 2010.

Lire aussi : Retraites : un autre regard http://www.reporterre.net/spip.php?...

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