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Scierie du Morvan : Montebourg trahit sa promesse

Le ministre du Redressement productif avait promis de recevoir les citoyens opposés au projet de scierie industrielle Erscia, dans le Morvan. Promesse trahie : il leur envoie une lettre leur disant qu’il n’a pas le temps de les écouter.


Ce pourrait être rien du tout, un rendez-vous refusé, une promesse de ministre vite oubliée, le tout-venant politique. Mais voilà : dans la Nièvre se discute depuis des années un des projets majeurs d’industrialisation de la forêt française, et depuis des années, des citoyens s’y opposent, décortiquent le dossier, montrent qu’il est mal fagoté. Leur argumentation est confortée par des fédérations professionnelles qui disent, elles aussi, que le projet de scierie industrielle d’Erscia est démesuré et fragilisera les emplois locaux.

Le 20 mai dernier, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, gravit le Mont Beuvray avec son entourage et des journalistes. Des associatifs d’Adret Morvan le rejoignent, et la discussion s’engage. Elle est filmée et enregistrée, comme on peut le voir, le lire et l’entendre ici.

A plusieurs reprises, le ministre dit qu’il recevra ses interlocuteurs pour discuter du projet et de leurs propositions. On se sépare.

Mais quelques semaines plus tard, la lettre du ministre arrive : c’est non, il n’a pas le temps de recevoir les citoyens du Morvan.

Une petite trahison, une trahison de plus. Qui explique pourquoi, de plus en plus, les citoyens ne croient plus ces “responsables" qui ne les écoutent pas, mais qui entendent si bien les financiers et les patrons des multinationales.

Voici la lettre envoyée le 11 juin 2013 par le chef de cabinet de M. Montebourg

"Monsieur,

Vous avez bien voulu solliciter un entretien avec M. Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement productif, afin d’évoquer le projet de l’entreprise Erscia-France d’implanter un pôle bois industriel à Sardy-lès-Epiry, dans la Nièvre.

C’est avec attention que le Ministre a pris connaissance de votre demande. Il m’a chargé, par ailleurs, de vous assurer qu’il a bien noté les éléments que vous lui avez communiqués.

Malheureusement, les contraintes de son emploi du temps ne lui permettent pas de vous recevoir. Croyez bien qu’il le regrette.

Je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée,

Christophe Antoine".


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