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Téléphonie 4 G : une étude d’impact est demandée avant tout déploiement

Durée de lecture : 3 minutes

18 janvier 2012 / Robin des Toits

Les opérateurs de téléphonie réclament le déploiement de la technologie 4 G. En application du principe de précaution, il parait nécessaire de réaliser d’abord une étude d’impact sur l’environnement et la santé.


Lettre ouverte adressée à :
- Monsieur Marc MORTUREUX, Directeur Général de l’ANSES
- Monsieur Georges MERCADAL, Président du Groupe de dialogue
"Radiofréquence et Santé" à l’ANSES

Monsieur le Directeur Général,
Monsieur le Président du groupe de dialogue,

L’association nationale Robin des Toits, membre du comité « 
Radiofréquences et Santé » au sein de l’ANSES, demande officiellement
et solennellement que le déploiement de la technologie 4G, qui
introduira de nouvelles fréquences et augmentera le niveau global
d’exposition de la population aux champs électro-magnétiques, soit
précédé d’une sérieuse étude d’impact en termes sanitaires et
d’exposimétrie.

Cette mesure découle du principe constitutionnel de précaution, qui
prescrit, d’une part l’évaluation du risque, d’autre part la prise de
mesures de réduction du risque alors même qu’il n’est pas entièrement
établi. Or, cette définition « cadre » parfaitement avec le
classement, par l’OMS, en mai 2011, des radiofréquences parmi les
cancérogènes possibles.

Elle découle encore plus immédiatement de l’article L 123-1 du code de
l’environnement, qui impose que la réalisation d’aménagements,
d’ouvrages ou de travaux exécutés par des personnes publiques ou
privées soit précédée d’une enquête publique lorsqu’en raison de leur
nature, de leur consistance ou du caractère des zones concernées, ces
opérations sont susceptibles d’affecter l’environnement. Or, le
déploiement d’un réseau d’antennes 4G est de nature à affecter
l’environnement, et notamment la santé.

Robin des Toits appelle l’attention sur le fait qu’un tel défaut
d’étude d’impact fragiliserait grandement le déploiement sur le plan
juridique.

M.William DAB, ancien Directeur Général de la Santé et ancien membre
du comité exécutif de l’OMS [Organisation mondiale de la santé], s’exprimait ainsi au cours de la conférence scientifique internationale sur les champs
électromagnétiques et la santé publique, tenue à Bruxelles les 16 et
17 novembre 2011 : « Je suis intimement persuadé que toute nouvelle
technologie doit faire l’objet obligatoirement d’une étude préalable
d’impact sanitaire à chaque étape du processus de développement
 ». Il
ajoutait, plus loin : « Nous devons faire preuve d’innovation dans la
préparation de la prise de décision. C’est une évidence pour moi que
la science n’apportera pas de réponse claire avant des années (…).
Mais quand on est dans l’incertitude, il faut dans le même temps
réfléchir à la façon dont les décisions sont préparées… »

Cette démarche est rendue d’autant plus possible que le besoin de ces
nouveaux services n’existe pas encore. Il n’y a donc pas d’urgence,
puisqu’il n’y a pas de demande, mais simplement le souhait, par les
opérateurs de téléphonie et d’Internet, de développer cette
technologie. Aucune urgence ne peut donc être opposée à cette demande
d’étude d’impact.

L’association nationale Robin des Toits attend sur ce sujet une
réponse claire de l’ANSES, la question relevant à l’évidence de ses
compétences, ou, à défaut, une désignation explicite de l’autorité
chargée de prendre cette décision.

Dans l’attente de vous lire, nous vous prions d’agréer, Monsieur le
Directeur général, Monsieur le Président, l’expression de nos
sentiments respectueux.

Signé : Agnès FONTANA, représentante de l’association nationale au comité "Radiofréquences et Santé"



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Source : Robin des Toits

Source photo : Challenges

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