Tours plafonne les ondes électromagnétiques

Durée de lecture : 2 minutes

8 mars 2014 / Flora Chauveau (Reporterre)

Limiter les ondes électromagnétiques est possible. La ville de Tours mène une politique d’information de la population et de concertation avec les opérateurs de téléphonie mobile pour maîtriser l’implantation des antennes relais.


- Tours, correspondance

Christiane Lambolez est inquiète. Il y a une trentaine d’années, cette habitante de Tours a été victime d’un traumatisme crânien. Depuis, elle traque tout ce qui pourrait aggraver son état. Il y a peu, elle a songé aux ondes électromagnétiques.

« J’ai lu dans le journal que la mairie proposait une expertise gratuite de l’exposition aux ondes. » Elle a composé le numéro et Patrick Sottejeau, de la Direction des services d’information de la ville, est venu mesurer l’intensité des champs électromagnétiques dans sa maison. Résultat : pas d’exposition particulière.

Rassurer les habitants et maîtriser le niveau d’exposition, telles sont les missions que s’est donnée la mairie de Tours. Monique Maupuis, adjointe aux nouvelles technologies à la mairie, justifie ce choix : « Beaucoup de villes le font officieusement. Bien que nous n’ayons pas de preuve médicale, nous préférons appliquer le principe de précaution et estimons qu’il est possible d’avoir un plafond de 2 volts par mètre dans la ville, tout en communiquant normalement ».

Sur le reste du territoire, c’est le seuil maximal de 41 volts par mètre qui s’applique (même si les niveaux effectifs sont beaucoup plus bas).

En 2003, Tours a mis en place une charte signée par les trois principaux opérateurs de téléphonie mobile. Elle impose concertation et transparence, notamment dans la pose d’antennes relais. Les opérateurs doivent demander l’autorisation à la ville pour l’installation ou la moindre modification d’antenne. Chaque trimestre, opérateurs, habitants et propriétaires d’immeubles se réunissent pour discuter des projets en cours.

La ville a, par ailleurs, créé une carte, accessible sur le site de l’agglomération, qui répertorie toutes les antennes relais installées sur le territoire. Ces actions ont conduit Tours à devenir ville expérimentale en matière de concertation lors du Grenelle des ondes, un débat national lancé en 2009 par Nathalie Kosciusco-Morizet.

Pour Emmanuel Denis, de l’association Robin des Toits qui lutte contre l’exposition aux ondes, et candidat EELV aux municipales, c’est un premier pas positif. « Cela nous permet d’être vigilants sur les nouveaux projets des opérateurs. »

Ces derniers s’adaptent, mais déplorent la longueur des procédures. Néanmoins, selon M. Denis, les actions de la mairie de Tours restent insuffisantes : « Il faudrait davantage informer et sensibiliser la population. Les gens ne sont pas prêts, ils n’ont pas compris le risque. » Un risque accru de par l’arrivée de la 4G qui va aggraver l’exposition des populations aux ondes électromagnétiques.


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Source : Flora Chauveau pour Reporterre

Photos : Clémence Curty

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