Un « débat public » pour faire accepter les nanotechnologies

Durée de lecture : 2 minutes

22 septembre 2009 / Pièces et main d’oeuvre

L’Etat lance un « débat public » sur les nanotechnologies. Il s’agit de faire accroire qu’une nouvelle révolution industrielle est à l’oeuvre.


Sur les conseils de Jean Therme, patron du Commissariat à l’énergie atomique de Grenoble et inventeur de Minatec, « premier pôle européen de nanotechnologies » inauguré à Grenoble en 2006, Nicolas Sarkozy investit dans les nécrotechnologies. Le plan Nano-Innov prévoit 70 M€ dès 2009, et la construction de nouveaux « Minatec », à Saclay et Toulouse. Les ministres Lagarde et Pécresse demandent au CEA de faire de la microélectronique et des nanotechnologies une priorité de son prochain contrat d’objectifs, de 2010 à 2013.

De Coppé, député UMP, à Devedjian, ministre de « la Relance », pas un des bons soldats de l’économie n’omet de citer les nanotechnologies dans ses discours sur la « reprise », la « compétitivité », la « croissance », rejoignant les socialistes du techno-gratin dauphinois dans la fuite en avant technologique.

Rien de surprenant. Les nanotechnologies sont la prochaine révolution industrielle, après l’informatique, et la France ne négligerait pas un marché potentiel de mille milliards de dollars en 2015.

Seul détail à régler : le risque d’opinion, au cas où celle-ci, après les OGM, entendrait les critiques de ceux qui, à Grenoble, enquêtent sur les nanotechnologies depuis huit ans pour en dénoncer les malfaisances.
L’opinion, il y a des experts pour ça. La Commission nationale du débat public a été chargée par huit ministres d’organiser une tournée « participative » - 17 réunions publiques en France entre octobre 2009 et février 2010 – afin d’épuiser les opposants dans de stériles échanges, dont les conclusions décoreront sans doute les futurs budgets de Nano-Innov. Loin de servir un quelconque débat démocratique sur l’opportunité sociale et politique d’investir dans les nanotechnologies, cette campagne vise à leur acceptabilité par la population. « Faire participer, c’est faire accepter », disent les experts en acceptabilité de France Telecom.

Proclamons notre opposition à la tyrannie technologique

La seule attitude décente face à cette mascarade est le boycott total de ces pseudo-débats et la critique publique de la tyrannie technologique. Nous refusons de jouer le jeu, parce que nous refusons le nanomonde que ces divertissements citoyens sont censés rendre acceptable. Les soumis de la tyrannie technologique, les résignés de la survie artificielle dans le monde-machine, ne pourront pas dire que nous avons acquiescé avec eux.

Nous avons mis en ligne toutes les informations. Renseignez-vous, faites circuler dans vos groupes et associations : opposants à la société industrielle, à la biométrie, à la vidéosurveillance, anti-nucléaires, anti-OGM, anti-militaristes, anti-nécrotechnologies et autres luddites. Organisez des réunions.

Vous trouverez sur le site « Aujourd’hui le nanomonde » :

- Les ressources pour découvrir les nanotechnologies et le nanomonde ;

- Des informations et des révélations sur la campagne d’acceptabilité de la CNDP ;

- L’actualité de la contestation des nécrotechnologies ;

- Un agenda des débats et actions contre la tyrannie technologique ;

- Des outils pour organiser vos propres événements.



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Source : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/...

Info : www.nanomonde.org.

Ecouter aussi : Contre les nécrotechnologies vertes http://www.reporterre.net/spip.php?...

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