Un droit de réponse de la société Biotope

Durée de lecture : 4 minutes

3 mars 2014


L’article publié le 18 décembre 2013, écrit par Nicolas de La Casinière, et intitulé « Carnage d’amphibiens pour le Center Parks de de la Vienne » met en cause une fois de plus la société Biotope, ainsi devenue une cible récurrente pour votre publication. Il appelle un certain nombre de précisions.

En effet, contrairement à ce qui est affiché par l’article, Biotope a réalisé un travail de qualité et a répondu à ses obligations contractuelles et réglementaires pour le transfert des amphibiens dans le cadre du procès de Center Parcs de Vienne.

Depuis fin 2012, le projet de création d’un nouveau site Center Parcs, dans la Vienne, sur les communes des Trois Moutiers et de Morton, porté par le groupe Pierre et Vacances - Center Parcs, a été autorisé.

Un protocole, encadré par un arrêté préfectoral, a alors été mis en place incluant différents types de mesures environnementales.

Parmi les mesures de réduction prévues en phase travaux, plusieurs experts écologues (dont la liste a été validée au préalable par la DREAL) ont été chargés de déplacer durant le printemps 2013, les amphibiens au sein d’une zone protégée de tout aménagement, pour éviter leur destruction par le chantier. Les amphibiens ont été récupérés chaque matin dans les seaux disposés tous les 25 m côté chantier, le long d’une barrière d’1,5 km, puis relâchées en zone protégée. Pendant toute la durée de ce chantier, un bilan mensuel du suivi écologique était présenté à la DREAL Poitou-Charentes. D’après les données recueillies, ce transfert a concerné des milliers d’amphibiens. Soit 50 Tritons crêtés, 600 Tritons palmés, plus de 2000 Crapauds communs et onze Grenouilles agiles, qui ont été sauvés grâce à cette opération.

Au mois de mai, à l’issue de la période de transfert prévu par l’arrêté préfectoral, les seaux ont été équipés d’un couvercle étanche pour les rendre temporairement inopérants. Malheureusement, les couvercles de 2 seaux sur les 60 posés ont été déplacés par des tiers, sans que les responsables de cette ouverture puissent être identifiés. Ce sont bien ces ouvertures qui ont conduit à piéger accidentellement quelques dizaines de crapauds (71 exactement), essentiellement des juvéniles, dans ces seaux et non une négligence de la société Biotope. Tous les autres seaux sont d’ailleurs restés fermés et n’ont piégé aucun animal.

Il ne s’agit donc pas d’un « carnage », mais d’un accident de portée très limitée, sans effet sur la dynamique locale de l’espèce sur le site. Il convient en effet de mettre en perspective l’impact de ces deux seaux par rapport à tous les pièges naturels ou artificiels existant dans la nature et surtout aux effets de la circulation routière en période de migration.

Malgré ce regrettable accident, indépendant de notre volonté, l’opération aura néanmoins eu un bilan très positif puisqu’elle a permis la ponte de plusieurs millions d’oeufs par les individus transférés. L’impact écologique de l’opération de génie écologique menée a donc été très favorable au Crapaud commun.

Le professionnalisme de Biotope dans cette affaire n’a pas à être remis en cause, d’autant plus que le déplacement des couvercles est intervenu du fait de tiers et en dehors de la période contractuelle de transfert, et non à la suite d’une mauvaise manipulation ou d’une négligence de notre part.

Nous regrettons infiniment que votre journal, spécialisé dans la défense de l’environnement, persiste à s’en prendre régulièrement à une société comme Biotope qui oeuvre depuis plus de 20 ans pour la conservation de la Nature et pour une meilleure prise en compte de l’écologie dans l’aménagement du territoire.

Pour Biotope, Frédéric Melki, président.


L’article auquel la société Biotope a demandé un droit de réponse est celui-ci : Carnage d’amphibiens pour le Center Parcs de la Vienne. Nous avions interrogé dans cette enquête la société Biotope, dont la réponse était citée dans l’article. Le lecteur jugera par lui-même en comparant l’article et cette lettre.


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Source : Courriel reçue par voie postale le 3 mars 2014.

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