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Un essai d’OGM sur la vigne va être autorisé

Le Ministère de l’agriculture va autoriser un essai d’OGM en plein champ. Il s’agit aussi de tester la réaction de l’opinion et la procédure de consultation suivie.


Le Ministre de l’agriculture vient de s’exprimer en faveur de la
poursuite de l’essai en plein champ de porte-greffes de vigne
génétiquement modifiés pour résister au court-noué. La Confédération paysanne déplore cette décision et rappelle sa position, exprimée au CEES du HCB (Comité économique, éthique et social du Haut conseil sur les biotechnologies) (1) et lors de la consultation du public par l’Etat. La Confédération paysanne est défavorable à la poursuite de l’essai en milieu ouvert.

La plus-value des vins réside dans leur image de qualité et de produit naturel, qui serait compromise par l’introduction d’OGM. Le développement des OGM accapare l’énergie et les moyens financiers qui pourraient être consacrés à des recherches sur des voies agroécologiques, dont certaines sont déjà expérimentées par les vignerons ou d’autres chercheurs.

Par ailleurs, l’essai en plein champ va nécessiter de disséminer le virus du court-noué, ce qui constitue une menace inutile pour le vignoble local et la biodiversité. Il est par ailleurs incohérent et risqué de proposer des essais OGM en plein champ avec des gènes de résistance aux antibiotiques, aucune évaluation des effets cumulés à long terme n ?ayant été réalisée. Enfin, l’essai n’est pas protégé des oiseaux ni des insectes, qui sont vecteurs de plusieurs maladies du vignoble.

La Confédération paysanne s’interroge sur l’intérêt d’un essai en
plein champ : pour éviter la dissémination du pollen vers d’autres parcelles, l’INRA prévoit de détruire les fleurs et d’empêcher la fructification. Quel sera l’apport d’un tel essai, sachant que la vigne n’est cultivée que pour son fruit ?

La déclaration de Bruno Le Maire évoque d’ici quatre ou cinq ans « une nouvelle procédure pour voir si on peut utiliser la culture en plein champ » : contrairement à l’orientation officielle de l’INRA, une commercialisation des porte-greffes OGM serait d’ores et déjà envisagée ! C’est un pas de plus vers la privatisation du vivant.

Enfin, au-delà des risques encourus, il semble que l’intérêt
scientifique de cette expérimentation est secondaire devant la volonté d’utiliser cet essai controversé comme test sociologique et opération de communication, sur la capacité de la société et du monde professionnel viticole à accepter, malgré leur opposition, un essai en milieu ouvert.

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Note :

(1) Réponse de la Confédération paysanne à la consultation du public sur la prolongation de l’essai :
http://www.confederationpaysanne.fr...


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