Un parrain du nucléaire français accusé de trafic d’influence

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17 janvier 2011 / AFP



François Roussely, ex-président d’EDF et auteur d’un rapport sur le nucléaire français, est aussi vice-président du Crédit Suisse Europe, directement impliqué dans le capital des entreprises nucléaires. Une association d’épargnants veut le poursuivre pour « trafic d’influence et prise illégale d’intérêts ».


L’ancien président d’EDF François Roussely, « profondément indigné par les allégations fantaisistes » prêtées à un fonds d’épargne de salariés du groupe nucléaire Areva, pourrait porter l’affaire en justice, a annoncé dimanche son avocat, Me Jean-Alain Michel.

Selon le Journal du Dimanche, le fonds Framepargne, qui regroupe l’épargne salariale de 8.000 salariés et retraités d’Areva, s’apprête lui-même à porter plainte « en début de semaine » contre M. Roussely pour des faits supposés de trafic d’influence et de prise illégale d’intérêt.

L’hebdomadaire rappelle que l’ancien président d’EDF avait remis en juin à la présidence de la République un rapport classifié sur la filière nucléaire, où il préconise notamment d’ouvrir le capital des activités minières d’Areva.

Framepargne reproche à M. Roussely d’être aussi vice-président du Crédit Suisse Europe, banque conseil du fonds souverain du Qatar qui souhaite prendre une participation dans les activités minières d’Areva.

Le fonds, ajoute le JDD, demande à la justice d’enquêter sur un éventuel trafic d’influence de M. Roussely « s’il devait toucher des avantages de la part du Crédit suisse, dans l’hypothèse d’une opération favorable du fonds souverain du Qatar ».

Dans son communiqué, l’avocat de l’ancien président d’EDF souligne que son client « proteste contre ces imputations et supputations diffamatoires qui portent gravement atteinte à son honneur ».

Selon Me Michel, M. Roussely l’a « d’ores et déjà chargé de saisir » le procureur de la République d’une plainte en dénonciation calomnieuse « pour le cas où les informations relatées par le JDD, quant au dépôt de cette plainte contre lui, seraient avérées ».

Le JDD précise que Framepargne, créé en 1982, gère 60 millions d’euros, soit environ 0,4% du capital du groupe nucléaire Areva, premier producteur mondial d’uranium, dont les activités couvrent l’ensemble du cycle nucléaire, jusqu’à la construction de réacteurs.

Cette affaire, écrit le quotidien dominical, s’inscrirait dans le contexte de règlements de comptes autour d’Areva et de la succession d’Anne Lauvergeon, dont le mandat à la tête du groupe nucléaire public expire en juin.






Source : http://www.romandie.com/ats/news/11...

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