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Un pillage chinois de la forêt tropicale au Gabon

Durée de lecture : 2 minutes

6 septembre 2009 / Robin des Bois

Une exploitation bien ficelée : on fait mine de reprendre une usine française, pour mettre la main sur des droits de coupe au Gabon.


Le 1er Avril 2009 les sociétés Shandong et Honest Timber Gabon ont racheté Plysorol ex-leader européen du contreplaqué. L’emploi de 470 salariés répartis sur 3 sites de production - Lisieux, Fontenay le Comte et Epernay - était soi-disant consolidé.

En plus du maintien de l’intégralité des emplois, le repreneur s’engageait à assurer la modernisation des usines, le développement des débouchés commerciaux et la mise en œuvre d’une certification de qualité pour les bois issus des concessions gabonaises appartenant à Plysorol. En effet Honest Timber Gabon a racheté en même temps que les sites industriels le droit d’exploiter 400.000 hectares de forêt primaire au Gabon.

Ces concessions situées au centre du pays dans la forêt des Abeilles et la réserve de la Lopé sont riches d’une biodiversité exceptionnelle en Afrique Centrale. Plusieurs espèces protégées y subsistent comme les éléphants, les gorilles, les chimpanzés, les singes soleil ; de nombreuses espèces végétales restent à décrire. La principale essence exploitée est l’okoumé qui permet de fabriquer du contreplaqué. Quand l’okoumé était exploité par la compagnie française Isoroy, ex-actionnaires de Plysorol, le regard extérieur des Organisations non gouvernementales (ONG) était toléré, ce qui permettait de réduire les abattages illégaux, le braconnage et la contrebande d’ivoire et d’autres parties d’animaux protégés.

Quatre mois après le rachat avalisé par le tribunal de commerce de Lisieux, toutes les usines marchent au ralenti, en particulier celle de Lisieux spécialisée depuis 1912 dans le déroulage et la transformation de l’okoumé. 110.000 m2 de placage d’okoumé produits par l’usine de Lisieux ont été utilisés pour les volets intérieurs des 4 tours de la Bibliothèque Nationale de France à Paris.

Aujourd’hui l’opacité règne autant dans les usines du groupe que dans les sites forestiers du Gabon. Monsieur Zhang ne donne plus de nouvelles et les grumes d’okoumé prennent depuis le port d’Owendo la direction de la Chine sans passer par Honfleur qui alimentait le site de Lisieux. Monsieur Zhang fait du petit bois avec les salariés et ses affaires de la biodiversité.

L’usine de déroulage d’okoumé de Plysorol basée à Owendo depuis mai 2002 et inaugurée par Omar Bongo est aujourd’hui exposée aux mêmes difficultés que les sites français.



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Source : http://www.robindesbois.org/communi...

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