Un projet de téléphérique menace de balafrer le parc de la Vanoise

Durée de lecture : 3 minutes

11 mars 2012 / Groupe de réflexion sur l’avenir de Bonneval-sur-Arc


Le maire de Bonneval-sur-Arc et son conseil municipal ont lancé un appel d’offre clôturé le 7 novembre 2011 en vue de la réalisation d’un dossier d’Unité Touristique Nouvelle (UTN) concernant la construction d’un téléphérique entre les deux communes de Bonneval-sur-Arc et Val d’Isère reliant les domaines skiables du Vallonnet et du glacier de Pisaillas, et rejoignant ainsi, l’hiver, les vallées de la Haute-Tarentaise et de la Haute-Maurienne que la route du Col de l’Iseran relie l’été. Ce dossier est maintenant en cours de réalisation et devrait être déposé auprès des instances décisionnelles d’ici la fin de l’été prochain.

Cette liaison partant à proximité du vieux village de Bonneval-sur-Arc et traversant le le vallon de la Lenta situé au coeur du Parc National de la Vanoise (créé en 1963) constituerait un précédent pour d’autres parcs nationaux et aurait sur l’environnement de nombreux impacts négatifs qui viendraient s’ajouter aux nuisances engendrées durant l’été par le flux
motorisé de la route ouverte en 1937 et dont la circulation reste à maîtriser.

Un projet de liaison entre Bonneval-sur-Arc et Val d’Isère avait déjà été proposé en 1983 mais n’a jamais abouti en raison des nombreuses réactions d’opposition qu’il avait suscitées. Une autre tentative a eu lieu en 1993 sans plus de succès.

Quels sont les motifs pour relancer un projet qui avait été abandonné ? Quels en sont les intérêts financiers sous-jacents ? Quelles sont aujourd’hui les hypothétiques retombées économiques de cette liaison pour Bonneval-sur-Arc ?

Cette commune ne risque-t-elle pas de se transformer en un dortoir et un vaste parking permettant aux touristes, en particulier italiens passant par le tunnel du Fréjus, d’accéder ainsi rapidement au domaine skiable de Val d’Isère ?

En devenant l’antichambre de Val d’Isère, Bonneval-sur-Arc et ses habitants
perdraient leur indépendance, leur identité, leur fierté et la qualité de leur environnement, dont le site classé, piliers sur lesquels a été bâti avec succès le développement économique de ce village durant les 39 années où Gilbert André en fut le maire. De plus, le risque de clivage dans la population quant à ce projet est très sérieux.

Cela serait d’autant plus regrettable qu’au fil des ans, Bonneval-sur-Arc est devenu un symbole de développement durable, d’économie montagnarde et l’un des fleurons de notre patrimoine national en faisant partie des plus beaux villages de France.

Le 29 avril 2002 le Président de la République en exercice écrivait à Gilbert André, en ces termes : ’’(vous êtes) le promoteur du Parc National de la Vanoise et l’un des pères de la loi de 1960 instituant les parcs nationaux français’’, et à propos de Bonneval-sur-Arc), ’’
(c’est) un modèle de développement respectueux de l’environnement, (…) une action citée en exemple dans le monde’’
.

Cette dimension emblématique de Bonneval-sur-Arc est illustrée par l’intérêt porté par la presse écrite et audiovisuelle à ce village. En voici quelques exemples depuis le début de l’année 2012 :
. article dans le revue Geo de février 2012 ;
. photo de couverture de Courrier International (16-22 février 2012) ;
. article dans Le Nouvel Observateur (23-29 février 2012) ;
. reportage au journal télévisé de TF1 de 13h00 du 26 février 2012).

Un groupe de réflexion pour l’avenir de Bonneval-sur-Arc s’est constitué récemment. Il pense que, dans le contexte économique actuel, ce village a des atouts uniques pour envisager son avenir autrement qu’en construisant un téléphérique le reliant à Val d’Isère. Cette démarche sera engagée en concertation étroite avec le Parc National de la Vanoise.



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : Courriel à Reporterre.

Contact : bonnevalsurarcavenir (arobase) yahoo.fr

Lire aussi : Halte au bétonnage des montagnes, demandent les écologistes

13 septembre 2019
Train de nuit : le réveil se fait attendre
Enquête
13 septembre 2019
Valdepiélagos, l’écovillage espagnol qui résiste à l’exode rural
Alternative
14 septembre 2019
Algues vertes en Bretagne : 4 points pour comprendre le problème
Info