Un quart des terres de la planète « hautement dégradé », dit la FAO

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29 novembre 2011 / AFP




L’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) plaide pour une meilleure gestion des terres et de l’eau, dans un rapport publié lundi à Rome, selon lequel un quart des terres de la planète est aujourd’hui « hautement dégradé ».

Toute la planète est concernée, selon la FAO qui cite notamment les hauts plateaux d’Amérique centrale détériorés par l’érosion, les savanes d’Afrique occidentale menacées par la désertification, l’Europe occidentale et les Etats-Unis touchées par la pollution des terres et des eaux.

« Dans un monde surpeuplé où la population ne cesse d’augmenter et où les modèles de consommation évoluent, l’humanité a négligé de planifier et de gérer la mise en valeur des ressources en terres et en eau », déplore la FAO dans son premier rapport sur L’état des ressources en terres et en eau pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde.

« Ce rapport doit réveiller le monde et faire savoir à l’humanité qu’il n’est plus possible de traiter ces ressources vitales comme si elles étaient infinies », a déclaré le directeur général sortant de la FAO, Jacques Diouf.

« L’époque du ’business as usual’ est révolue », a-t-il ajouté devant la presse au siège de la FAO.

De nombreuses zones agricoles « sont menacées par une baisse progressive de leur capacité productive, dans un contexte de pression démographique excessive et de pratiques agricoles qui détériorent l’environnement », alerte la FAO.

La surface des terres cultivées dans le monde a augmenté de 12% au cours des 50 dernières années, en grande partie grâce au doublement de la surface des terres irriguées.

Mais les rythmes de croissance de la production agricole ont ralenti et « ne sont plus que la moitié des 3% de taux de croissance annuelle observés dans les pays en développement par le passé », selon l’organisation onusienne.

Or à l’horizon 2050, l’augmentation de la population et des revenus devrait se traduire par une demande mondiale de produits alimentaires de 70% supérieure à celle de 2009, un chiffre qui pourra même atteindre 100% dans les pays en développement.

Pour que la nutrition s’améliore et que l’insécurité alimentaire et la sous-alimentation reculent, la croissance de la production agricole doit dépasser celle de la démographie.

La population mondiale est évaluée aujourd’hui à 7 milliards de personnes, dont un milliard sont sous-alimentées, et devrait atteindre 9 milliards en 2050.

D’où l’exigence d’une « gouvernance améliorée des ressources en terres et en eau et (...) un investissement plus substantiel et plus stratégique en faveur de la sécurité alimentaire et de la réduction de la pauvreté ».

La FAO préconise notamment « l’adoption généralisée d’approches participatives et pluralistes de la gestion de la terre et de l’eau accompagnée de processus de décentralisation », ainsi qu’« un accroissement des investissements en faveur de l’amélioration des infrastructures publiques essentielles ».






Source : AFP

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