Une lettre des grenouilles

Durée de lecture : 3 minutes

22 juillet 2009 / Camp Action Climat

Lettre batracienne à tous les humains
dont Mr. le Préfet

Ouf, avec mes comparses batraciens, nous sommes soulagés. Le vent nous a
rapporté que dans l’édition de Ouest-France du 17 juillet, le préfet de
Loire-Atlantique informait les humains que 156 mares seront créées pour
qu’on puisse, nous autres batraciens, continuer à barboter en paix ; et
ceci pour compenser les 78 détruites mares pour la construction du nouvel
aéroport de Notre-Dame des Landes.

Un vieux proverbe batracien plein de bon sens dit que pour savoir si une
mare est bonne, mieux vaut regarder tout ce qu’il y a autour que la seule
eau qu’elle contient. SeulEs les grenouilles naïves font confiance à l’eau
qui dort, surtout si elle est d’un beau vert attrayant... Vous vous en
doutez, une fois que les plus sages d’entre nous nous ont rappelé ce
proverbe, nous n’étions plus tellement rassuréEs avec les belles mares
évoquées par M. Le Préfet.

Quand le jour nous arrêtons de coasser, nous entendons des maisons des
humains les échos de ces boîtes pleines de lumières et de son abrutissants
qui leur répètent sans cesse : « Ne vous inquiétez pas, on s’occupe de
votre bonheur et de votre avenir. Faites-nous confiance, nous allons
régler vos problèmes ». Mais nous avec nos petites oreilles moins
sensibles à la manipulation, nous entendons surtout : « Ne bougez-pas et
rendormez-vous. En repeignant superficiellement en vert le système
économique à l’origine des crises environnementales et sociales que vous
traversez, nous allons continuer sans rien bouger ou presque... ». Comment
donc un système peut-il sans changer être à la fois la source et la
solution des problèmes qu’il engendre ? Même nos vieux proverbes batraciens
ne peuvent donner des réponses à de telles énigmes...

Il y a d’autres choses d’étranges du côté des humains : ceux qui les
dirigent passent le plus clair de leur temps à faire croire de leur
sérieux, de leurs compétences et en leur sens des responsabilités.
Pourtant, au moment de prendre des vraies décisions, ils s’en remettent à
ce qu’ils appellent l’Economie qu’ils disent ne pas contrôler. Il semble
pourtant bien que ce soient les humains qui organisent cette économie...
C’est un peu comme le responsable de la grande ville près de la grande
mare salée qui, après avoir semblé revenir un peu à la raison, recule en
disant que même si ce projet d’aéroport est néfaste pour la terre – et
pour nos mares – c’est la situation économique qui va en décider et pas
lui... Lui comme son ami de la grande ville sur la rivière se disent
pourtant responsables...

Et quand ils ne disent pas qu’il faut toujours grossir jusqu’à éclater
(quelle drôle d’idée...), ils évoquent une autre chose bizarre qu’ils
nomment « La Crise » et qui fait très peur à tout le monde... En tous cas,
on voit bien, nous autres batraciens, qu’ils ont toujours une bonne raison
pour ne rien changer... Et ils se disent responsables...

En même temps, quand nous écoutons bien le chant des hautes herbes, nous entendons aussi de multiples petites voix qui préparent un grand
rassemblement début août tout près des mares promises à la destruction.
Ces voix disent qu’au lieu de s’inquiéter, mieux vaut se responsabiliser
soi-même et agir collectivement afin de trouver des réponses nouvelles aux
problèmes engendrés par l’ancien système qui arrive à sa fin. Pendant
toute une semaine, ils et elles vont mener des actions, discuter,
échanger, vivre ensemble sans que les grands responsables leur disent
comment faire et comment vivre...

Pour que le plus grand nombre d’humains puisse montrer leur refus du
projet d’aéroport et l’espoir qu’on nous laisse tranquillement dans nos
mares, ils et elles organisent même une grande action de masse

le samedi 8 août à 11h00 à la Rolandière à Notre Dame des Landes (44).

Sûr qu’on sera dans les parages, juste derrière les grandes herbes, à
coasser en chœur avec tout ce beau monde...



Source : Communiqué de presse.

Info : http://campclimat.org/

16 novembre 2019
Radio Bambou - L’étrange voyage de Bambou… à l’intérieur d’un pain !
16 novembre 2019
Au Brésil, la marée noire dévaste les côtes et le gouvernement ne fait rien
16 novembre 2019
Les Gilets jaunes ont forcé la mue sociale du mouvement écologiste




Du même auteur       Camp Action Climat