Une usine hydroélectrique condamnée pour l’assèchement d’une rivière

Durée de lecture : 2 minutes

27 janvier 2011 / Cécile Cassier (Univers Nature)


Le 21 janvier dernier, suite aux réclamations de diverses associations de défense de l’environnement, dont France Nature Environnement (FNE) et le Comité écologique Ariégeois, le Tribunal correctionnel de Foix a condamné la société UNITE, exploitant une usine hydroélectrique sur la commune de Le Port, en Ariège. Le motif de cette condamnation tient au fait que, de 2006 à 2007, l’entreprise a laissé en fonctionnement un ouvrage ne respectant pas le débit minimal réglementaire, nécessaire au maintien de la vie aquatique dans la rivière Le Courtignou. Cette négligence a entraîné l’assèchement de nombreuses portions du lit du cours d’eau sur plus de deux kilomètres, et notamment au niveau de zones de bordure propices à la reproduction de poissons de la famille des salmonidés.

Si l’entreprise a été verbalisée à plusieurs reprises, le gérant de la société contrevenante, M. Hugues Albanel n’en est pas à sa première condamnation. En 2007, FNE avait déjà obtenu sa condamnation par le Tribunal correctionnel d’Ajaccio pour la même infraction. Parallèlement, la FRAPNA (1) avait également obtenu gain de cause lors de faits identiques, l’entreprise UNITE étant alors mise en cause en tant qu’exploitante d’une microcentrale sur la rivière Gresse, en Isère.

Juriste à FNE, Raymond Leost a souhaité attirer l’attention sur cette problématique de l’assèchement des cours d’eau par les centrales hydroélectriques, phénomène jugé courant et aux retombées catastrophiques à long terme sur la vie aquatique. Il a, par ailleurs, déclaré : « (…) si l’hydroélectricité présente l’avantage d’être une énergie renouvelable, elle exige néanmoins d’être exploitée par des sociétés responsables et soucieuses du respect des lois protectrices de l’environnement ».

Les associations ont également appelé à la responsabilisation de l’Etat dans ce dossier, Hugues Albanel s’étant porté signataire en tant que vice-président du GPAE, société co-fondatrice de France Hydroélectricité, de la « convention d’engagement pour le développement d’une hydroélectricité durable en cohérence avec la restauration des milieux aquatiques ». Est consigné dans cette convention, portée par le ministère de l’Ecologie, l’engagement de créer des microcentrales respectueuses de l’environnement et des milieux naturels aquatiques. De son côté, l’Etat s’y engage à donner des moyens à la police de l’eau et à faire respecter le droit.



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une petite faveur à vous demander. Dans une période où les questions environnementales sont sous-représentées dans les médias malgré leur importance, Reporterre contribue à faire émerger ces sujets auprès du grand public. Le journal, sans propriétaire ni actionnaire, est géré par une association à but non lucratif. Nous sommes ainsi totalement indépendants. Personne ne dicte notre opinion. Cela nous permet de couvrir des évènements et thèmes délaissés par les autres médias, de donner une voix à ceux qui ne sont pas audibles, et de questionner les puissants en les mettant face à leurs responsabilités.

Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés. Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et nous laissons tous nos articles en libre accès. Vous comprenez sans doute pourquoi nous avons besoin de demander votre aide. Reporterre emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produit quotidiennement des informations, enquêtes et reportages. Nous le faisons car nous pensons que notre vision, celle de la préservation de l’environnement comme sujet majeur de société, compte — cette vision est peut-être aussi la vôtre.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : http://www.univers-nature.com/inf/i...

17 juillet 2019
De Rugy : dix mois ministre, dix mois d’inaction
Info
9 juillet 2019
À Marseille, les quartiers nord ont aussi droit aux légumes bios
Reportage
7 juin 2019
Forêts publiques : l’État réfléchit au démantèlement de l’ONF
Enquête




Du même auteur       Cécile Cassier (Univers Nature)