Voyager, un marqueur de puissance, de richesse, de pouvoir

Durée de lecture : 3 minutes

5 mai 2020 / XXI



Pour un Iranien, un Chinois ou un Saoudien, voyager en Occident peut être un véritable casse-tête. Dans son 50e numéro, la revue « XXI » dévoile comment les plus riches s’offrent un monde sans frontières : ils s’achètent une autre citoyenneté, vendue comme un produit de luxe par des États des Caraïbes et même de l’Union européenne. Un marché en pleine expansion, légal, transparent… enfin presque.

  • Présentation de la revue par son éditeur :

« Je m’amuse toujours de l’étonnement des jeunes, quand je leur raconte qu’avant 1914, je voyageais en Inde et en Amérique sans posséder de passeport, sans même en avoir jamais vu un », raconte Stefan Zweig dans Le Monde d’hier, Souvenir d’un Européen, chef-d’œuvre écrit à la veille de son suicide au Brésil, où l’écrivain autrichien, dépossédé de sa nationalité, s’était réfugié pour fuir le nazisme.

Aujourd’hui, un Français peut se rendre sans visa dans 164 pays, un Syrien dans 37, un Afghan dans 30. Se déplacer, voyager est un marqueur de puissance, de richesse, de pouvoir. Et le passeport pourrait être l’allégorie d’un monde mondialisé divisé entre ceux qui peuvent se payer le luxe d’aller partout, et ceux qui ne vont nulle part.

Ce numéro de XXI explore des lignes de fracture à travers des histoires vraies sans frontières.

En Australie, où l’eau est désormais cotée en Bourse, le marché a gagné et les agriculteurs trinquent. En Arabie saoudite, le prince héritier se repose sur un yacht à un demi-milliard de dollars alors que les caisses de son royaume sont presque vides. En France, la mer engloutit des marins payés 3 euros de l’heure, et des invisibles, des oubliés, saisis dans l’objectif d’un photographe, se privent pour nourrir leurs enfants.

À défaut de pouvoir leur offrir des visas pour un monde plus juste, XXI leur donne un visage.

Les sujets et les formats du no 50 de XXI :

- Achetez votre nationalité préférée -
par Aurélie Darbouret & Camille Le Pomellec - illustrations de Rocco
Comment les plus riches s’offrent un monde sans frontières.

- Deux hommes à la mer -
par Stéfan L’Hermitte - illustrations Laurent Moreau
Cinq pêcheurs prennent le large, trois reviennent. Que s’est-il passé ?

- L’eau à marche forcée -
par Jérôme Fritel & Lucile Berland - illustrations Greygouar
En Australie, la spéculation la rend inaccessible aux petits agriculteurs.

- Prince d’Arabie -
Carnet de Antoine Vitkine - illustrations Christophe Merlin
Mohammed Ben Salmane, cet encombrant allié qui dirige l’Arabie saoudite

- La France oubliée -
Récit photo de Pierre Faure
Les visages de la pauvreté à l’écart des grandes métropoles.

- Avec les révoltés de Hongkong -
par Jean Carrère - illustrations Nicolas Vaudour
Ils ont 20 ans et se battent pour vivre libres.

- Un assassin nous écrit -
par John J. Lennon - illustrations Xavier Lissillour
Meurtrier, il s’interroge sur sa violence depuis sa cellule de Sing Sing.

- Roman, une vie -
par Benjamin Adam - illustrations Yasmine Gateau
Un père partage le récit brut de la disparition de son fils né prématuré.

- Un maire contre les pesticides -
Bande dessinée de Benjamin Adam
Un village breton affronte l’agrobusiness.

- Rencontre avec Ariane Ascaride -
propos recueilli par Bruno Lus - illustrations Jules Julien
L’actrice défend les femmes et les invisibles

  • Revue XXI, no 50, Printemps 2020, 16 euros. Envois possibles à la fin de la période de confinement, parution en librairie le 29 mai.



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