A Tokyo, le gouvernement veut chasser les insoumis au nucléaire

Durée de lecture : 2 minutes

27 janvier 2012 / Coalition anti-nucléaire

A Tokyo, des insoumis campent depuis des mois sur la place publique. Il veulent maintenir l’attention sur les conséquences de l’accident de Fukushima. Mais le gouvernement se prépare à les chasser.


Après « l’arrêt à froid » des réacteurs de Fukushima décrété par le gouvernement en décembre 2011 ‒ fin officielle de la catastrophe ‒, après la suppression des conférences de presse communes Tepco-gouvernement concernant la catastrophe atomique ‒ fin officielle de la communication ‒, voici le temps de la répression contre le mouvement antinucléaire japonais ‒ fin de la contestation ? Une fois que l’on ne parlera plus de Fukushima et que les antinucléaires seront neutralisés, il sera alors plus facile de rouvrir les centrales nucléaires du Japon.

C’est pourquoi l’ordre d’évacuer la tente installée devant le ministère de l’économie vient d’être donné. Dernier délai : vendredi 27 janvier, 17 heures (JT).

Cette tente est insupportable aux yeux du gouvernement. Plantée devant le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI) à Tokyo, elle est occupée jour et nuit par des militants antinucléaires et pacifistes depuis le mois de septembre 2011. Elle rappelle en permanence le danger continu de l’énergie nucléaire. Appelant les citoyens à manifester régulièrement pour l’évacuation des territoires contaminés, elle a accueilli le mouvement des 100 femmes de Fukushima. Cette tente est devenue au fil des mois un haut lieu de la lutte antinucléaire dans la capitale japonaise, rassemblant plusieurs groupes ayant des objectifs convergents, et organisant la lutte de terrain.

Suite à la manifestation de la semaine dernière où le ministre de l’industrie Edano s’est fait chahuter, il est maintenant exigé que les militants quittent les lieux au plus tard vendredi 27 janvier 2012 à 17h. Le motif invoqué est la sécurité, mais il est évident que le motif réel du gouvernement est de faire place nette, afin de supprimer le symbole de ce mouvement contestataire.

Vendredi, une conférence de presse des militants est prévue à 13h, puis une manifestation de soutien à 16h devant la tente, devant le ministère de l’industrie. Est-ce que ce sera suffisant pour éviter l’évacuation ?



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Source : Fukushima overblog avec d’autres informations et liens.

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