Au Cambodge, le sucre est exporté vers l’Europe au détriment des populations

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28 septembre 2013 / Peuples solidaires



Au Cambodge, des villages entiers sont rasés et des milliers de personnes expropriées par les compagnies sucrières. Une attitude prédatrice encouragée par la politique commerciale de l’Union européenne, qui absorbe 97 % des exportations cambodgiennes de sucre.


« Ils ont tout brûlé…y compris le riz. Ils ne nous ont même pas laissé le récolter d’abord. » (Mme Yem Ry)

Douze mille personnes spoliées, deux villages détruits, onze mille hectares de champs et vergers saisis : au Cambodge, les compagnies sucrières dépossèdent des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants de leurs terres. Cette attitude prédatrice est encouragée par la politique commerciale de l’Union européenne, qui absorbe 97 % des exportations cambodgiennes de sucre.

Demandons à Karel de Gucht, Commissaire européen au commerce, de faire cesser ce scandale !

Les faits

L’initiative européenne Tout Sauf les Armes part d’une bonne intention : accorder aux pays les plus pauvres un accès au marché européen libre de toutes taxes douanières ou de quotas. Mais dans certains cas, elle a des effets dramatiques pour les populations locales.

Ainsi, au Cambodge, les avantages consentis par l’UE aiguisent l’appétit d’entreprises sucrières qui expulsent des milliers de paysannes et paysans de leurs terres et vont jusqu’à détruire des villages pour produire davantage.

Pour l’agro-business : les terres

Dans les provinces cambodgiennes de Koh Kong, Kampong Speu et Oddar Meanchey, 75 000 hectares de terres ont été accordés aux industriels ces dernières années pour la production de sucre. Douze mille personnes ont perdu leurs moyens de subsistance. Deux villages ont été entièrement détruits et plus de 11 500 hectares de champs de riz et de vergers (appartenant à plus de 2 000 familles) ont été saisis pour être transformés en plantations de sucre.

Pour la population : la répression

« Ils ont tout brûlé…y compris le riz. Ils ne nous ont même pas laissé le récolter d’abord » raconte Yem Ry, témoin des exactions qui se sont produites dans la province d’Oddar Meanchey. Arrestations arbitraires, menaces, violences… Forces de l’ordre et hommes de main des entreprises n’hésitent pas à user de violence face aux communautés locales qui tentent de défendre leurs terres. « Ils nous menacent avec leurs armes, nous empêchant d’aller là où les tracteurs démolissent nos terres. J’ai essayé d’y aller, ils ont tiré » témoigne Pet Nim, de la province de Koh Kong.

Ayant tout perdu, certaines familles se retrouvent – ironie du sort – obligées de travailler dans les plantations de sucre pour survivre.

L’Union européenne doit réagir

Si le gouvernement du Cambodge accorde autant de terres aux investisseurs privés et si les industriels du sucre se ruent vers les terres cambodgiennes, c’est en grande partie en raison des avantages commerciaux liés à l’initiative Tout Sauf les Armes, pourtant censée soutenir les pays les plus pauvres. L’Union européenne a pourtant les moyens de lutter contre ce désastre en suspendant les avantages consentis aux produits agricoles du Cambodge tant que dureront ces violations.

Mais malgré les appels de nombreuses organisations de la société civile en ce sens, malgré la résolution d’urgence du Parlement européen, malgré les preuves des violations, malgré les témoignages accablants… la Commission européenne ne réagit pas. La Commission européenne n’agira pas sans une pression citoyenne massive : écrivez à Karel de Gucht, Commissaire européen au commerce, pour lui demander de faire cesser ce scandale.






Source et photo : Peuples Solidaires

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