Batho patauge sur Notre Dame des Landes

Durée de lecture : 3 minutes

14 septembre 2012 / Reporterre



Douze secondes de silence après la question d’un journaliste : la ministre de l’Ecologie sèche face à ses contradictions. La question à laquelle elle ne peut répondre : pourquoi n’appliquerait-on pas à Notre Dame des Landes la méthode vantée dans un autre domaine ?


Comment annoncer qu’on veut stopper l’artificialisation des sols - l’objectif serait de le stopper totalement en 2025 - et qu’on veut réduire les émissions de gaz à effet de serre - 40 % en 2030 - tout en projetant de construire, à Notre Dame des Landes, un aéroport qui va manger près de 2000 hectares de terre agricole ?

Le gouvernement de M. Ayrault ne veut pas voir la contradiction. Et est incapable d’y répondre quand on la lui expose clairement.

Ainsi la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, s’est-elle empêtrée dans la question, vendredi 14 septembre, au soir de la première journée de la conférence environnementale, lors de sa conférence de presse.

Le son n’est pas très bon, et la photo franchement mauvaise (Mme Batho est la figure isolée devant la fenêtre), c’est juste pour vous donner une idée de la situation. Les questions se réfèrent implicitement à une déclaration antérieure de Mme Batho, selon laquelle on avait « besoin de Notre Dame des Landes »

http://www.reporterre.net/sons/Bath...

Transcription :

Le journaliste : « Vous avez dit qu’une idée forte pour commencer le débat national sur l’énergie serait de commencer par poser la question de la consommation et des besoins. Est-ce que on pourrait pas aussi envisager de poser la question des besoins sur les projets d’aéroport, par exemple ? »

Silence.

Des collègues gloussent.

Quelqu’un dit : « Un aéroport en particulier où ? »

Une journaliste : « Un quoi ? »

A nouveau le silence.

Le questionneur : « Madame la ministre ? »

Douze secondes sont passées. Enfin, Delphine Batho réagit : « Ouais j’ai déjà répondu ».

Le questionneur : « Non, non, non, pas précisément. Est-ce que il faut pas poser la question du besoin des projets d’aéroport qui ne sont pas finalement, dont les travaux n’ont pas encore commencé ? »

Une journaliste : « Faire une commission, par exemple ? »

Delphine Batho : « Il y a eu, euh, faut pas, pourquoi plus cette infrastructure là qu’une autre ? »

Le questionneur : « Vous avez tout à fait raison. La question était par exemple sur les projets d’aéroport. »

Delphine Batho : « Oui mais j’ai déjà répondu à cette question. »

Le questionneur : « Alors j’ai pas compris, parce que j’ai pas l’impression que vous la posez. Est-ce que vous ne pensez pas qu’il serait nécessaire de se poser publiquement, de la même façon que les procédures qui seront suivies dans le débat national sur l’énergie,... »

Delphine Batho : « Publiquement, c’est le débat, de façon générale, sans cibler plus une infrastructure qu’une autre, parce que je ne vois pas pourquoi une infrastructure plus qu’une autre serait ciblée, le débat qu’a posé d’ailleurs le président de la république sur la consommation d’espace et l’artificialisation des sols. Et je pense que vous verrez demain qu’il y a des objectifs ambitieux qui ont commencé d’être discutés et visés, dans la table ronde. »

Fin de la séquence. On passe à une autre question. La ministre n’a pas répondu.






Source : Reporterre

Dans d’autres circonstances, Mme Batho peut être très claire. Par exemple, quand elle s’opposait, en 2010, à la loi Loppsi 2

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