Laurent Duplomb veut réautoriser un pesticide très dangereux pour les abeilles solitaires
Une osmie cornue est une espèce d'abeilles sauvages présente dans toute l'Europe. - Flickr / CC BY 2.0 / Frank Vassen
Une osmie cornue est une espèce d'abeilles sauvages présente dans toute l'Europe. - Flickr / CC BY 2.0 / Frank Vassen
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Il répond au doux nom de flupyradifurone. Cet insecticide agit de la même manière que les néonicotinoïdes. Un amendement à la loi d’urgence agricole, déposé par le sénateur de droite Laurent Duplomb, souhaite le réautoriser en France sur les betteraves, les pommes, les cerises et les noisettes. Cet amendement sera examiné par la commission des affaires économiques du Sénat mercredi 17 juin au matin.
Or, le 16 juin, l’association Générations futures annonce s’être procuré une étude auprès de l’Union européenne, indiquant que ce produit présente un risque « inacceptable » pour les abeilles solitaires.
Dans le détail, Générations futures explique que ces documents correspondent à une procédure de réévaluation du flupyradifurone initiée en 2022 par la Commission européenne. Elle souhaitait une évaluation rapide des risques concernant une espèce d’abeille solitaire.
L’évaluation des pesticides défaillante au niveau européen
Ce travail a été confié à la Grèce, qui a identifié « un risque élevé pour les abeilles dans tous les scénarios pertinents (culture traitée, mauvaises herbes, culture adjacente, lisière de champ et culture suivante/de l’année suivante). [...] Les quotients de risque dérivés pour l’évaluation des risques chez les abeilles solitaires (exposition aiguë par contact) ont largement dépassé la valeur seuil. »
Dans son communiqué, Générations futures remarque que « ces conclusions que nous révélons aujourd’hui étaient connues de la France depuis 2023 [...] [Ce qui] n’a pas empêché la ministre de l’Agriculture Annie Genevard de soutenir fortement la réintroduction de cette molécule ».
L’association estime que cette affaire est révélatrice du mauvais fonctionnement du système d’évaluation des pesticides européens. En effet, elle explique que malgré ces documents, la réévaluation n’a pas été finalisée et l’approbation du flupyradifurone a été prolongée jusqu’en 2029.
Reste à savoir si la révélation de cette étude pèsera lors des débats entre sénateurs mercredi 17 juin. L’amendement proposant la réautorisation de la substance en France est porté par les rapporteurs du projet de loi d’urgence agricole et a donc de fortes chances d’être adopté.