Cahuzac : sa fortune vient-elle des laboratoires pharmaceutiques ?, interroge la député Michèle Rivasi

Durée de lecture : 2 minutes

3 avril 2013 / Michèle Rivasi


Ultime rebondissement, Jérôme Cahuzac a enfin reconnu sa culpabilité après avoir nié pendant des mois avoir détenu un compte bancaire en Suisse.

Au-delà du scandale politique et de ses conséquences déplorables sur la confiance qu’ont les Français dans leurs gouvernants, il s’agit aujourd’hui de comprendre pourquoi et comment cet argent s’est retrouvé sur un compte UBS en Suisse et à son nom.

Pour Michèle RIVASI, députée européenne EELV active contre le lobbying des laboratoires pharmaceutiques, il n’y a peut-être pas une simple volonté d’évasion fiscale :

« La chronologie de l’enquête de Mediapart a démontré que certains faits laissaient supposer un éventuel financement illicite par les laboratoires pharmaceutiques. Ou alors les coïncidences sont vraiment troublantes ! En effet, Jérôme Cahuzac aurait ouvert ce compte UBS alors qu’il officiait auprès du Ministre de la Santé, Claude Evin. A cette époque, M. Cahuzac a noué des liens étroits avec l’industrie pharmaceutique puisque qu’il était conseiller technique pour le médicament. Il jouait donc un rôle crucial puisqu’il jouait l’interface entre son ministère et la Direction de la pharmacie et du médicament, qui était notamment en charge de l’attribution du prix des médicaments (jusqu’en 1993) ».

« En 1989, alors que M. Cahuzac était en fonction, les laboratoires Pierre Fabre avaient bénéficié de la sympathie du Ministère de la Santé : son médicament Mexapa bénéficiait d’un prix de vente trois fois supérieur à celui de ses concurrents. A l’époque, le Canard enchaîné avait évoqué une promesse faite par Fabre à Evin : implanter une usine dans sa circonscription. Une promesse jamais démentie par les intéressés. Par la suite, les associations sportives de Villeneuve-sur-Lot, dont M. Cahuzac fut le maire, n’eurent aucun mal à trouver des partenaires pour financer leurs activités : Fabre et Upsa ont fait preuve d’une générosité non dissimulée ».

« Aujourd’hui se pose donc une grave question : est-ce que M. Cahuzac a bénéficié des largesses de l’industrie pharmaceutique alors qu’il officiait au Ministère de la Santé ? S’agit-il d’une simple affaire de fraude fiscale ou d’un scandale de corruption impliquant les laboratoires pharmaceutiques ? Toute la lumière doit être faite : la presse indépendante a fait son travail, c’est maintenant à la Justice de démêler le vrai du faux ».



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Source : Michèle Rivasi

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