Caisses d’Epargne et Banques populaires : le pouvoir vous appartient

Durée de lecture : 3 minutes

13 mars 2009 / Sylvie Mayer et Jean Pierre Caldier

La nomination du protégé de M. Sarkozy, M. Pérol, à la tête du groupe Caisse d’épargne et Banques populaires fait bon compte du principe mutualiste qui préside légalement au fonctionnement de ces banques. Elles n’appartiennent pas à l’Etat ou aux capitalistes, mais à ses sociétaires.

Le 26 février, il n’y a pas eu de fusion des deux banques coopératives. Seul événement, la nomination d’une même personne, François Pérol, à la tête de trois entités bancaires (Banque Populaire, Caisses d’Epargne Natixis).

Sept millions de Françaises et Français sociétaires de l’Ecureuil et des Banques Populaires risquent d’être spoliés de leur droit d’intervention, de leurs droits de propriétaires de coopératives par une atteinte au principe fondateur de l’économie sociale : une personne = une voix, quel que soit son apport en capital. Un principe sur lequel a été fondé 60% du système bancaire français, 30% du système assurantiel et 50% du système complémentaire de santé via les mutuelles.

Au Crédit Lyonnais, les dirigeants étaient nommés par l’État. Aujourd’hui il s’agit de dirigeants élus par les sociétaires ou leurs représentants.

Mais comme pour le Crédit Lyonnais, tous les Français vont devoir mettre la main à la poche, pour éponger les milliards engouffrés dans les aventures spéculatives.

La démocratie est désormais entre les mains de nos 577 députés et 343 sénateurs. En effet, c’est par la loi que sont nées les deux banques dans leur statut coopératif, c’est par la loi que se fera la nouvelle banque qui concernent 34 millions de Français.

Nos parlementaires ont le choix. Soit ils votent ce rapprochement sans conditions particulières en laissant la porte ouverte à de nouvelles dérives financières et anti-démocratiques. Soit Ils assortissent leur vote de conditions susceptibles de permettre la construction d’un outil de financement au service des personnes et de la collectivité, basé sur les valeurs coopératives et mutualistes, fondatrices des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne. Cette banque devra être orientée dans la transparence vers la satisfaction des besoins en crédit pour le développement d’une économie, respectueuse de l’environnement : soutien au développement local, au logement social, au développement et à la sécurité de l’emploi, de l’économie sociale. Elle pourrait se fixer l’objectif de la protection de l’épargne populaire sans visée spéculative.

Pour cela la loi doit clairement définir les missions de cette nouvelle entité, et les instruments pour les accomplir. Pour une banque éthique, démocratique, équitable, à « gouvernance coopérative », nous faisons dix propositions concrètes, immédiatement applicables :

 Représentation des sociétaires des salariés et des clients
dans un organe central coopératif ;

 Décisions des orientations stratégiques par « référendum
coopératif » ;

 Organisation d’élections générales et Création
d’observatoires de la « gouvernance coopérative » ;

 Obligations d’investissements dans le social et l’économie
sociale ;

 Limitation des rémunérations et mandats des dirigeants ;

 Application la loi sur les Nouvelles régulations
économiques, loi de communication sur les conduites
sociales et environnementales des entreprises. ;

 Un plan progressif de mise en place de la parité dans les
instances élues.

« Agir Pour Une Economie Equitable » Ap2E va interroger immédiatement les parlementaires et leurs groupes, mais aussi partis politiques, syndicats, Conseil économique, social et environnemental, dirigeants de l’économie sociale et associations d’actionnaires sur ces propositions.

Vous êtes 7 millions de sociétaires de la Caisse d’Epargne et des Banques populaires, 34 millions de clients.

Vous avez le pouvoir de faire bouger les choses en vous adressant, vous aussi à vos parlementaires et élus locaux, à vos dirigeants de caisses locales et régionales, aux représentants locaux des partis et syndicats.


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : http://guideeconomieequitablefusion...

31 mars 2020
Au Québec, la crise du coronavirus pourrait ouvrir « le grand chantier de l’autosuffisance » alimentaire
Info
1er avril 2020
En Tunisie, le crabe « Daech », une espèce invasive, bouleverse le quotidien des pêcheurs
Reportage
2 avril 2020
La crise sanitaire est l’occasion de réfléchir à la décroissance choisie
Tribune