Chic, un nouvel aéroport, plein de fric en l’air

Durée de lecture : 2 minutes

16 novembre 2012 / Dominique Romann (FNAUT Pays de la Loire)


Le montant de l’investissement public, négocié avec Vinci qui
cofinance et gérera l’aéroport, a officiellement été maîtrisé,
grâce il est vrai à une réduction du format de l’aéroport. Mais il
risque de déraper fortement.

Il faut y ajouter les raccordements routiers (une centaine de millions
d’euros) et ferroviaire, promis pour l’ouverture de l’aéroport et remis
à un horizon lointain.

Une gare est envisagée sur une ligne nouvelle
Nantes- Rennes/Bretagne Sud (alors que l’aéroport actuel peut être
très facilement relié au rail).

Les vendéens demandent un nouveau
pont sur l’Estuaire, aussi coûteux que l’aéroport lui-même.

N’oublions pas les coûts dits « d’accompagnement » qui explosent
(encadrement policier, expropriations, mobilisation administrative,
mesures de compensation, allongement des délais..).

Tous ces coûts
sont ou seront d’abord à la charge des collectivités locales, bien que
l’aéroport soit dit d’intérêt national.

Le fonctionnement du futur aéroport présente tout autant de coûts
cachés ou de risques. L’aéroport actuel continuera à fonctionner pour
les besoins de l’usine Airbus, peu de nouveaux terrains constructibles
seront donc dégagés.

Sa charge devra être portée par les
collectivités, car Airbus n’acceptera pas de fragiliser son usine par
des coûts supplémentaires (à part quelques droits d’usage de la
piste).

L’avenir du transport aérien est peu sûr, entre raréfaction du
carburant et menace justifiée de taxation du kérosène. Le TGV est
mieux à même de répondre aux liaisons à moyenne distance. En cas de
retournement de conjoncture, Vinci saura solliciter les collectivités
territoriales, qui devront mettre la main au portefeuille...

Dans ces conditions, les budgets de ces collectivités étant de plus en
plus contraints, ce sont d’abord les budgets transports du département
de la Loire Atlantique et de la région Pays de la Loire qui vont
trinquer.

Quels financements pour répondre aux besoins de transport dans le
périurbain des grandes villes, en s’appuyant en particulier sur les
étoiles ferroviaires existantes ?

Il y a eu certes des investissements,
à poursuivre, autour de Nantes (la réouverture de Nantes-Chateaubriant
a été largement subventionnée par le Département et la Région),
mais ailleurs, à Angers, le Mans, la Roche-sur-Yon, Laval ?

Des investissements nécessaires (bifurcation de Sainte-Pazanne,
modernisation de Nantes-Bordeaux qui exigerait 200 à 300 millions
d’euros à partager entre l’Etat, RFF, 3 régions et 4 départements)
seront reportés ou réduits au minimum, contribuant un peu plus à
fragiliser le fonctionnement du rail.

Le Département devra continuer à
augmenter la participation des usagers des cars et ne pourra répondre
à tous les besoins de liaisons intervilles (Ancenis-Clisson…).

Ainsi les collectivités ont de l’argent pour un aéroport inutile
prenant la place de terres agricoles de plus en plus précieuses, mais
n’en auront pas assez pour les transports de proximité et à moyenne
distance.




Source : Courriel à Reporterre de la FNAUT Pays de la Loire (Association régionale des usagers des transports des Pays de la Loire)

Photo : Succes-prosperite.com

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