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ReportageCanicule

53 °C sous la verrière de l’école... et des rénovations aux abonnés absents

La température est montée jusqu'à 53 °C fin mai 2026 à Soustons, dans les Landes.

Les vagues de chaleur s’enchaînent dans les écoles, mais les rénovations thermiques tardent, faute de budget. « Peut-on sereinement continuer de faire école au mois de juin ? » s’interrogent des syndicats du Sud-Ouest.

Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), reportage

Devant la grille de l’école Brana à Bayonne, Marjorie Sclavon suit des yeux sa fille scolarisée en CM2 qu’elle vient de déposer après la pause du midi. Il est 14 heures et, en cette mi-juin, la ville est écrasée de chaleur alors que le thermomètre dépasse 30 °C. « Un ventilateur a été installé dans la salle de classe, mais ma fille me dit qu’elle ne le sent pas car elle est à l’autre bout », soupire la mère de l’élève, lunettes de soleil sur les yeux.

Les salles de classe de l’école sont entièrement vitrées, faisant monter la température entre les murs. Lors de la vague de chaleur précoce de mai, « la maîtresse avait allégé les apprentissages et reporté des évaluations ».

Depuis, le thermomètre a encore grimpé. Le 22 juin, il atteindra 40 °C à Bayonne et 11 des 22 écoles de la ville sont fermées sur décision de la mairie. Celle de Brana restera ouverte, mais la mairie assure qu’ils resteront vigilants sur tous les établissements qui ne sont pas concernés par la fermeture. En France, 845 écoles et collèges seront fermés à cause des fortes chaleurs.

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Difficultés pour travailler, fatigue et parfois même malaises... La plupart des écoles ont un bâti ancien qui n’est pas adapté à la nouvelle donne climatique. Dans le rapport « L’école bien dans ses murs » publié en septembre 2025, l’Alliance écologique et sociale relève que 92 % des personnels de direction ont déjà été alerté sur des problèmes d’isolation thermique. Le rapport estime que seulement 14 % des établissements scolaires répondent aux normes bâtiments basse consommation [1] ; 86 % du parc devrait donc être rénové. 

53 °C mesurés sous la verrière de l’école

Dans le Sud-Ouest, les épisodes de chaleur se multiplient de manière de plus en plus précoce avec des conséquences concrètes sur les enfants et le personnel. Déjà en mai, plusieurs alertes avaient été lancées comme à l’école de la Mairie à Billère, dans la banlieue immédiate de Pau, où les élèves ont fait des malaises à répétition. Treize d’entre eux ont été pris en charge par les pompiers suite à un coup de chaud. À Soustons (Landes), l’école a été fermée deux demi-journées sur décision de la mairie après que 53 °C ont été mesurés sous la verrière de l’école. Les portes de l’établissement seront de nouveau closes au moins les 22 et 23 juin. Deux autres écoles landaises seront fermées.

Une rénovation toujours reportée

Ces alertes, Barthélemy Mottay les reçoit de la part de ses collègues. Ce responsable du syndicat FSU-SNUipp des Pyrénées-Atlantiques dénonce les solutions à géométrie variable et demande des moyens pour rénover efficacement le bâti : « Mettre un store occultant, c’est bien, mais si le bâtiment n’est pas isolé, cela revient à mettre un pansement sur une jambe de bois. » Les consignes distillées par l’Éducation nationale relèvent du « bon sens », selon lui : veiller à l’hydratation des élèves, repérer les zones fraîches de l’école, limiter les activités physiques en extérieur…

De son côté, Thierry Pajot, le secrétaire général du Syndicat des directrices et des directeurs d’école, interrogé par Franceinfo, qualifie les mesures actuelles de « grand bricolage ». Il appelle le ministère et les acteurs des communes à s’asseoir à une table pour préparer les établissements au changement climatique.

« Peut-on sereinement continuer de faire école au mois de juin ? »

C’est pourtant depuis le département des Pyrénées-Atlantiques qu’Emmanuel Macron avait annoncé, en 2023, son grand plan de rénovation énergétique des écoles. En visite à Orthez, il visait alors la rénovation de plus de 40 000 établissements en dix ans en fléchant une partie du fonds vert vers le bâti scolaire. Depuis, ce fonds, prévu pour aider les collectivités dans leur transition écologique, a fondu sous les volontés de faire des économies, budget après budget. L’enveloppe prévue de 2,5 milliards d’euros par an (dont 500 millions pour les établissements scolaires) a été divisée par près de quatre pour arriver à 650 millions d’euros en 2026.

Or, « les petites communes n’ont pas les moyens de financer elles-mêmes une rénovation complète de leur école », relève Barthélemy Mottay. Qui s’interroge : « Faudra-t-il repenser le temps scolaire ? Peut-on sereinement continuer de faire école au mois de juin ? » Dans un département où le personnel est un peu plus âgé que la moyenne nationale, certains collègues lui disent « être angoissés à l’idée d’aller travailler »

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