Climat : la génération future, c’est nous !

Durée de lecture : 5 minutes

20 novembre 2013 / Laura Chatel et Lucas Nédélec



Conférence du climat à Varsovie. Tout le monde s’en fiche ? Non, pas les jeunes ! Car « 2050, c’est demain et la génération future, c’est nous ! Nous sommes et serons les adultes qui subiront directement l’aggravation des dérèglements climatiques. Alors, nul besoin d’attendre, nul besoin de désespérer. Juste besoin d’agir et de se mettre en marche. »


Varsovie 2013. Encore une conférence internationale sur le climat... Une de plus ou une de moins, ces sommets vont-ils changer la face du monde ? Depuis longtemps, les écologistes, et a fortiori la jeunesse, ont mis beaucoup d’espoir dans ces rares moments où l’ensemble des forces politiques, médiatiques et citoyennes semblaient s’accorder sur la nécessité de placer le combat contre le dérèglement climatique et la destruction de notre planète au-dessus de tous les autres. Un espoir continuellement déçu par la faible ampleur des avancées, ridicules comparées aux enjeux.

La responsabilité humaine dans le réchauffement de la planète ne fait plus aucune doute, ses conséquences terribles non plus, de même que le constat que, une fois de plus, ce sont les populations les plus défavorisées qui sont et seront les premières victimes de ces phénomènes.

Nous voulons ici exprimer le souhait d’une génération. Une génération qui subira l’accroissement des effets du changement climatique, une génération qui refuse la passivité et l’inaction, une génération qui ne peut se contenter des petites avancées et des grandes paroles, une génération qui en appelle à ce grand bouleversement positif que serait la révolution écologique.

Un sursaut collectif

Alors, faut-il croire en la conférence de Varsovie ? Certes, la prise de conscience est là, prenant forme depuis plusieurs années, gagnant de plus en plus de couches de notre société. Mais bien plus qu’un frémissement, c’est d’un sursaut dont nous avons besoin !

À Varsovie ou ailleurs, une énième grande messe jalonnée de vœux pieux ne servira à rien. La situation dans laquelle nous nous trouvons doit appeler à un consensus rapide autour d’un nouvel accord de réduction ambitieux et contraignant des émissions de gaz à effet de serre.

Même si nous ne nous berçons pas d’illusions, il n’est pas irréaliste de souhaiter la réussite de cette conférence. Dans les années 1980, la grave menace qui pesait sur la couche d’ozone avait permis à l’ensemble des États de s’engager dans une démarche commune d’interdiction des gaz fluorés. Pourquoi aujourd’hui, alors même que la course à la destruction de l’environnement remet en cause notre avenir commun, la communauté internationale ne serait-elle pas capable de se mettre enfin d’accord ?

2050 c’est demain, et la génération future c’est nous

La jeunesse a besoin de ce sursaut. Pour espérer. Pour vivre ensuite, parce que le nouveau modèle de société qui émerge va définir les conditions dans lesquelles nous allons grandir.

Il est trop souvent dit que les négociations sur le climat ne sont qu’une préoccupation de long terme, détachée du quotidien. Cela n’est pas vrai : 2050, c’est demain et la génération future, c’est nous ! Nous sommes et serons les adultes qui subiront directement l’aggravation des dérèglements climatiques. Alors, nul besoin d’attendre, nul besoin de désespérer. Juste besoin d’agir et de se mettre en marche.

De vrais engagements pour changer de monde

Pour cela, nous avons quelques idées à partager et à discuter. L’idée d’aller vers une autre économie, la vraie, celle qui sert l’humain, l’économie relocalisée, l’économie réelle, celle-là même que réclament intensément les peuples.

L’idée de préférer la sobriété à la cupidité, et ce dans tous les domaines de la société.

L’idée de donner la parole et le même poids à tout le monde, aux citoyens, aux
associations, aux chercheurs, aux artistes, aux minorités, plutôt qu’aux seules entreprises privées lors des sommets climatiques.

L’idée de punir les crimes écologiques et d’empêcher la marchandisation de la nature
pour mieux repenser notre place dans notre environnement.

Très concrètement, pour que ce sommet de Varsovie serve à quelque chose et que l’espoir revienne, de vrais engagements doivent être pris par les acteurs politiques. Parmi ces engagements, voici ceux qui nous semblent les plus cruciaux :

- l’adoption d’une base de travail pour la signature d’un accord contraignant visant la réduction de 90% de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 ;

- l’engagement d’une feuille de route de transition écologique à très court-terme pour ne pas attendre sans agir l’application d’un nouvel accord en 2020 ;

- la mise en place d’un « Green New Deal » européen créateur d’emplois et permettant de réduire de 50% notre consommation d’énergie d’ici 2050 tout en produisant 100% de notre électricité à partir de sources renouvelables et relocalisées ;

- la dotation d’un Fonds Vert d’adaptation et d’atténuation des conséquences du réchauffement climatique par les pays développés à destination des pays les plus pauvres, et la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement permettant une gouvernance équitable et démocratique de ceux-ci ;

- la création d’un véritable statut international protecteur pour les réfugiés climatiques, de plus en plus nombreux.

Ces objectifs que nous proposons ne sont pas irréalisables. Aujourd’hui, l’illusion serait plutôt de croire que nous pourrons continuer à nous développer ainsi, en ignorant les limites de la biosphère et le fossé social entre les populations.

Dans notre époque troublée telle que nous la connaissons, nous avons l’occasion de redonner du sens à nos activités et à l’action internationale. Nous avons l’occasion unique de faire de la lutte contre le réchauffement climatique le symbole d’une nouvelle humanité davantage intéressée par le bonheur des peuples que par les cours de la bourse.

Ce changement de modèle n’est pas que la préoccupation d’une poignée de militants et de négociateurs, il est l’enjeu de toute une génération, cette fameuse "génération future" qui n’attend que d’agir en son présent pour croire en son avenir.





Source : Jeunes Ecologistes..

Image : Freepik.

Laura Chatel et Lucas Nédélec sont co-secrétaires fédéraux des Jeunes écologistes.

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