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10 février 2012 à 06h01Mis à jour le 10 mars 2015 à 09h22
Durée de lecture : 2 minutes
Des murs-miroirs pour nos angoisses
Publié pour le 50e anniversaire de la construction du Mur de Berlin, ce livre tente de comprendre pourquoi tant d’autres « Murs de la Honte » se multiplient à la surface de notre planète, contredisant les prophéties d’une « mondialisation heureuse ».
Aux lignes fortifiées qui coupent en deux la Corée, Chypre, le Cachemire ou le Sahara occidental, s’ajoutent des remparts de fer ou de béton anti-immigrants ou « anti-terroristes » bâtis par des démocraties comme les Etats-Unis face au Mexique, l’Espagne dans ses enclaves du nord du Maroc, ou Israël en Palestine. Leur utilité est contestée ? Qu’importe, puisque l’essentiel est ailleurs. Comme le dit un habitant de l’Arizona, son mur, « le gouvernement, en construisant son mur, ne contrôle pas la frontière, il contrôle ce que les Américains pensent de la frontière ». L’important n’est pas de résoudre un problème concret, mais de gérer des images : celle de la frontière, celle des populations qui vivent de part et d’autre, et surtout celle du pouvoir qui construit le mur. Rien de mieux pour avoir l’air d’un « dur » capable de protéger les citoyens. Et pour cacher la réalité de son impuissance, au moment où se délite la puissance des Etats.
Mais le symbolique sera, tôt ou tard, rattrapé par la réalité. Les bâtisseurs du mur, se croyant à l’abri, oublient qu’il y a un conflit à régler. Que les frustrations et la rage montent chez le voisin emmuré. Ces murs enferment les hommes dans des prisons mentales en prétendant les protéger. Une faute morale politiquement lourde de menaces.