Copenhague : les dossiers de la négociation

Durée de lecture : 5 minutes

15 décembre 2009 / Climate Action Network



Pour comprendre à peu près de quoi discutent les gouvernements à Copenhague. Le point sur les dossiers au lundi 14 décembre.


Les délégués retournent aujourd’hui au Bella Center, rejoints par leurs
ministres. Plus tard, ce sera aux chefs d’Etat et de Gouvernement de prendre la relève.

Sur quels sujets doivent-ils concentrer leurs efforts pour arriver à un accord
équitable, ambitieux et contraignant ? ECO est ravi que vous posiez la question car il est en mesure de vous répondre précisément sur ce point !

Réduction des émissions

Samedi, le groupe AOSIS a encore une fois attiré l’attention sur la menace que le changement climatique fait peser sur la survie des petits Etats insulaires. Ces derniers ne sont pas en ce moment en train de jouer au « jeu de la négociation ». Quand ils demandent un objectif de réduction des émissions des pays industrialisés de 45% pour 2020 par rapport à 1990, ils définissent en fait leur droit à survivre au-dessus de l’eau.

Alors que nous entrons dans la deuxième semaine de négociations, les propositions de réduction des émissions des pays industrialisés restent, une fois aggrégées, désespéremment faibles. Sans compter qu’une fois pris en compte certaines échappatoires telles que les règles de comptabilisation LULUCF et le problème de l’air chaud, cela peut aboutir à une
augmentation de +4% des émissions par rapport à 1990.

Ce faible niveau d’ambition a finalement été facilitée par l’Union européenne (UE). Celle-ci aurait pu envoyer un signal positif en augmentant son objectif de réduction lors du tout récent Conseil des chefs d’Etat. Signal qui aurait potentiellement engendré une réaction en chaîne d’augmentation du degré d’ambition des autres pays. Mais non, l’UE a encore une fois manqué une occasion d’être leader.

Les objectifs de réduction des émissions ne sont pas le seul problème. Les pays continuent de pinailler sur l’année de référence pourtant largement reconnue, 1990. Il n’y a toujours pas de clarté sur la durée de la prochaine période d’engagement, qui devrait pour Eco être de 5 ans, ni sur la nécessité de prévoir une clause de révision au plus tard en 2015 pour tenir compte du cinquième rapport du GIEC.

ECO attire ainsi l’attention de l’ensemble des chefs d’Etat et de Gouvernement des pays industrialisés sur le défi qui les attend. Ils
doivent revoir l’ambition de leurs objectifs de réduction, supprimer les échappatoires, se mettre d’accord sur 1990 comme année de référence ainsi que sur une période d’engagement de cinq ans, et s’entendre sur une clause de révision assez rapprochée.

Adaptation

Les dommages et impacts inévitables liés aux changements climatiques doivent trouver un traitement approprié. Ils sont la conséquence de l’échec des pays industrialisés à réduire leurs émissions dans le passé. Le Greenwashing ne doit pas permettre de sacrifier les plus vulnérables.
Dès lors, l’adaptation est un élément crucial de l’accord de Copenhague.
ECO espère que quand les pays en développement mettront en oeuvre leurs stratégies d’adaptation, ils accorderont la priorité aux peuples et communautés les plus exposés aux risques du changement climatique.

Financement

La semaine dernière, de nombreux pays ont dévoilé leurs propositions sur le financement. Il était temps ! ECO voudrait tout de même souligner deux points essentiels :

- Tout d’abord, les financements précoces doivent faire partie d’un accord plus large et contraignant, comprenant des financements de long terme d’au moins 195 milliards de dollars par an d’ici 2020. Ces financements doivent être additionnels aux objectifs d’aide publique au développement.

- Ensuite, ces financements doivent passer par un fonds placé sous l’autorité et relevant de la responsabilité de la COP. Un accès direct aux fonds est tout aussi essentiel. Une fois encore, de la clarté est nécessaire quant à la responsabilité de la COP et le rôle que joueront les populations
les plus vulnérables dans les différentes propositions de gouvernance.

La semaine dernière, l’enthousiasme semble être revenu autour de sources de financements innovantes, et en particulier sur la réaffectation des subventions aux énergies fossiles, les droits de tirages spéciaux et la taxe sur les transactions financières. Les délégués ont l’air davantage concentrés sur ces sujets. Mais ECO attend de voir ces propositions intégrées dans les textes discutés actuellement. D’ailleurs, ECO rappelle aux délégués qu’il y a justement dans le texte de négociations entre 25 et 37 milliards de dollars provenant du transport maritime et aérien qui attendent impatiemment d’être utilisés. Pourquoi ne pas non plus en profiter pour inclure l’idée d’une mise aux enchères des Unités de Quantités Attribuées (UQA) des pays industrialisés ?

Forme Juridique de l’accord

Cette question a été au coeur des débats de la première semaine, avec les demandes répétées de Tuvalu, ainsi que les nouveaux textes proposés par les présidents des groupes de travail. ECO salue l’idée que les deux voies de négociations progressent vers des textes juridiquement contraignants. Le temps est compté, et les Parties doivent se mettre au travail sur la base des textes existants.

Les ministres et les chefs d’Etats doivent maintenant sauter dans le train en marche et dépasser leurs différends sur ce point. Des progrès en début de semaine sont indispensables pour arriver à un accord complet sur la forme et sur le fond, ici à Copenhague.

C’est maintenant ou jamais ! Ces sujets doivent être au centre des discussions cette semaine. Chers délégués, votre succès ou votre échec sur ces questions détermineront le succès de Copenhague. Ce sera aussi retenu au coeur de votre bilan politique !






Source : http://www.rac-f.org/DocuFixes/ECO/...

1er août 2020
EN BÉDÉ - L’avion, un secteur qui doit (beaucoup) décroître
Info
1er août 2020
Agenda : les rendez-vous festifs, écolos et militants de l’été
Info
31 juillet 2020
Bâtiments qui se fissurent, routes qui ondulent... L’Arctique russe face à la fonte du pergélisol
Reportage