Croissance : émissions de CO2 et PIB font la paire

Durée de lecture : 2 minutes

9 octobre 2012 / 20 Minutes


La récession n’a décidément aucun avantage, même pas celui de réduire
les émissions de CO2. Une étude parue lundi 8 octobre dans la revue Nature Climate Change révèle que les émissions de gaz à effet de serre
augmentent quand les économies se développent mais ne baissent pas aussi vite en temps de récession.

« Le déclin économique (...) ne s’accompagne pas d’une baisse des
émissions (de gaz à effet de serre) aussi importante que la hausse des
émissions à laquelle aboutit la croissance économique »
, a déclaré à
Reuters Richard York, professseur à l’université de l’Oregon, aux
Etats-Unis. Les émissions de CO2 augmentent ainsi en moyenne de 0,73% à chaque hausse de 1% du produit intérieur brut (PIB) par habitant, écrit
Richard York dans la revue, mais ces émissions ne baissent que de 0,43%
à chaque recul de 1% du PIB par habitant, ajoute-il, en se basant sur
des données de la Banque mondiale portant sur 150 pays entre 1960 et
2008.

« Les usines ne ferment pas immédiatement, les gens n’arrêtent pas de
conduire »

Cela s’expliquerait, selon lui, par le fait que les nouvelles
infrastructures mises en place en période de croissance, comme les
nouvelles habitations, routes ou usines, sont toujours utilisées en
temps de récession. « Quand les économies déclinent, les usines ne
ferment pas immédiatement, les gens n’arrêtent pas de conduire (bien
qu’ils puissent différer l’achat d’une nouvelle voiture) »
, explique
Richard York. Et les nouvelles constructions conservent les mêmes
besoins en chauffage ou air conditionné.

Richard York estime que les économistes pourraient devoir repenser leur
méthode de calcul des émissions de CO2. La plupart des études partent du
principe que le PIB et les émissions évoluent en parallèle, que ce soit
à la hausse ou à la baisse. Ces conclusions « ne suggèrent pas forcément
que les émissions seront plus ou moins importantes que prévu par les
projections actuelles, mais elles suggèrent que cela dépendra plus
sensiblement de la façon dont les économies croissent (ou faiblissent) »
.

« Cela n’est pas seulement lié à la valeur du PIB mais également à la
façon dont il atteint cette valeur, qui peut correspondre à une
croissance lente mais régulière ou à une succession de périodes de forte
croissance et de récession »
, a-t-il dit.



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Source : 20 Minutes

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