Dans l’Aisne, formation d’un collectif d’élus contre le gaz de schiste

Durée de lecture : 2 minutes

13 mars 2012 / Isabel Da Silva (L’Union)


Château-Thierry - Les élus du sud de l’Aisne se sont réunis, mercredi 7 mars, pour fonder un collectif contre les permis de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures. Près de 35 communes sont mobilisées.
La mobilisation s’intensifie ! Il y a des signes qui ne trompent pas. Comme lorsqu’une salle de réunion s’avère trop petite pour accueillir près de 150 personnes pendant les vacances scolaires…

Les conseillers généraux Jacques Krabal et Georges Fourré, avaient invité les élus du territoire à un débat public sur les permis de recherche et d’exploitation de gaz et huiles de schiste. Les deux hommes ne s’attendaient pas à un tel engouement sur le sujet débattu depuis bientôt trois ans.

L’annonce sur Internet que quatre nouveaux permis étaient en instruction pour le sud de l’Aisne après l’octroi de celui de Château-Thierry en 2009, a néanmoins changé la donne. En regardant une carte du territoire, près de soixante-quatre communes sont concernées par ces projets de forage. La méthode de consultation par courrier électronique offusque ceux qui appliquent la procédure d’enquête publique pour tout projet dans leur village.

Les élus, jusqu’à présent plutôt effacés, se sont montrés revendicatifs et prêts au combat pour préserver leur commune et l’environnement. Le témoignage fort et poignant de Christine Lecque du collectif Carmen a fini de convaincre les décideurs du territoire.

Une manifestation en préparation

La constitution du collectif d’élus aux côtés du mouvement citoyen Carmen, s’est imposée d’elle-même. Trente-cinq communes ont rejoint le regroupement. Jacques Krabal a ainsi convié les nouveaux membres du collectif d’élus « à envoyer un courrier au préfet, afin de demander l’abrogation des permis autorisés, le refus de ceux en instruction et de demander les modalités pour qu’un référendum soit organisé sur le territoire. »

Les conseillers généraux ont aussi sollicité un rendez-vous en préfecture. « En cette période électorale, les parlementaires sont en vacances, le seul moyen d’arrêter ce processus est de s’adresser au préfet », assuraient-ils. Si à court terme, les élus visent l’abrogation des permis délivrés et le refus de ceux en instruction, ils veulent surtout «  une réforme du code minier » pour interdire toute recherche d’énergie fossile.

Et si cela ne suffit pas, les élus battront le pavé. Une manifestation d’envergure en collaboration avec le collectif Carmen se profile déjà…
La présence du collectif d’élus au débat public organisé à Fère-en-Tardenois le 28 mars prochain par la députée Isabelle Vasseur et le collectif Carmen, pourrait aussi donner une autre dimension à ce rendez-vous.



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Source : L’Union

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