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Dans l’Hérault, on repousse la route pour faire revivre le rivage

Durée de lecture : 3 minutes

14 mai 2014 / Bénédicte Martin (Reporterre)

On peut défaire ce qui a été fait et rendre à la nature les surfaces mangées par le bitume. Comme au bord d’un rivage de Méditerranée, à Carnon...


- Carnon (Hérault), reportage

Miraculeusement épargné par les immeubles des villages de vacances qui bordent le littoral, les plages du Petit et Grand Travers, à quinze kilomètres seulement de Montpellier, sont l’objet de toutes les attentions. Pour les amoureux de la nature, le lido est un espace naturel remarquable de par la qualité écologique de sa flore (treize espèces de plantes) et de sa faune (dix espèces d’animaux). Son paysage alterne dunes, plage, bois et zones humides. Il a fait l’objet d’un classement Natural 2000. En 2002 il a été inclus dans la liste des sites emblématiques retenus par le Comité interministériel d’Aménagement durable du territoire.

Mais la fréquentation touristique des plages pendant les vacances d’été s’est intensifiée à partir des années 1980, dégradant le site. L’unique route qui permet d’y accéder est devenue une suite ininterrompue de bouchons sous le soleil de l’été. Longeant le rivage à vingt mètres seulement, la route longe la plage sur trois kilomètres. On compte jusqu’à deux mille véhicules par jour en haute saison, dont les occupants marquent fortement la biodiversité des plages du Petit et Grand Travers.

A cela s’ajoute le réchauffement climatique qui provoque la montée du niveau de la mer. Les plages perdent jusqu’à un mètre et demi de largeur par an. L’érosion du cordon dunaire accélère le processus et il était temps de prendre des mesures drastiques. Mais si les élus savaient qu’il fallait préserver leurs ressources naturelles pour conserver leur attrait touristique, il aura fallu treize ans pour que ce projet aboutisse.

- Sous la route le sable, le 20 avril 2014 -

Treize ans de procédure pour soustraire les dunes au bitume

En 2003, un comité de pilotage est constitué avec les services de l’État du Département de l’Hérault, du Conservatoire du littoral et les communes de Mauguio, Carnon et La Grande Motte. Il en résulte une première charte de coopération en 2006. Des protestations contre le projet s’élèvent du côté des usagers inquiets de devoir abandonner leurs voitures, mais en 2007, les associations de protection de l’environnement se sont impliquées dans le débat.

En 2012, la charte prévoit enfin l’aménagement du site. Le 20 juin 2012 le projet de l’atelier paysagiste strasbourgeois d’Alfred Peter est retenu. La route départementale qui longe le trait de côte va être enlevée. Cette année, les travaux commencent enfin, pour achèvement à l’été 2015.

- Plage sans la route -

« Des arguments scientifiques nous ont poussés à fermer la RD 59 »

Après avoir reconnu la difficulté de concilier enjeux écologiques et desiderata des usagers, le président de la communauté du Pays de l’Or, Yvon Bourrel, a justifié le choix d’aménagement proposé par le projet. "Des arguments scientifiques nous ont poussés à fermer la RD 59. Le ré-ensablement serait vain si on ne stabilisait pas le pied de dune."

L’association naturaliste Les Ecologistes de l’Euzière accompagne la prise ne compte des enjeux écologiques du projet . Des sentiers, bordés de barrières formées par l’assemblage de lattes de bois châtaignier, permettront de rallier la plage après 200 m de marche en moyenne. Une piste cyclable sera aménagée le long de la contre-allée. Des plantes seront replantées, les animaux encouragés à venir s’y réinstaller. Les vacances peuvent commencer.


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Source : Bénédicte Martin pour Reporterre

Photos : Photomontages Alfred Peter,
sauf « Sous la route le sable » : Bénédicte Martin.

Lire aussi : Le sable, enquête sur une disparition


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