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De l’huile de foie de requins menacés dans les cosmétiques à l’insu des consommateurs‏

On retrouve de l’huile de foie de requins dans six crèmes de jour sur huit, selon une étude menée par des chercheurs du CNRS. Les requins sont surpêchés et de nombreuses espèces sont menacés de disparition.


Peu de consommateurs accepteraient de mettre sur leur visage de l’huile de foie de requin provenant d’espèces d’eau profonde en danger.

Pourtant, ils le font sans le savoir, parce qu’il n’existe à ce jour aucun moyen de savoir si les cosmétiques utilisent des produits provenant des requins ou bien leurs équivalents préparés à base de plantes. Oceana demande aux fabricants de produits cosmétiques d’arrêter d’utiliser l’huile de foie de requin dans leurs préparations
et pour ceux qui ne le font pas, de l’indiquer lisiblement sur les étiquettes de leurs produits.

Le squalène et le squalane, qui sont utilisés comme émollients dans certaines crèmes et lotions cosmétiques, peuvent être fabriqués à partir d’huile de foie de requin ou en utilisant des produits d’origine végétale telles que les olives, les germes de blé, le son de riz ou les graines d’amarantes.

Les règles européennes sur l’étiquetage n’imposent aucune obligation aux fabricants d’indiquer quels ingrédients ont été utilisés pour leur production. Les consommateurs
européens contribuent ainsi sans le savoir ni le vouloir à la demande mondiale d’huile de foie de requin, un marché qui est estimé nécessiter entre trois et six millions de requins annuellement. Les requins principalement utilisés sont les requins d’eau profonde, lesquels ont une longue durée de vie et une croissance lente, et sont par conséquent particulièrement vulnérables à la surexploitation.

« Les consommateurs méritent d’avoir toute l’information nécessaire pour pouvoir faire des choix informés sur ce qu’ils mettent sur et dans leurs corps », s’est exprimée Dr. Allison Perry, scientifique à Oceana en Europe. « Peu de gens savent que l’industrie cosmétique est une source importante de la pression de pêche qui existe sur les stocks de requins d’eau profonde. Qui préfèrerait utiliser des cosmétiques faits avec des requins vulnérables alors que des alternatives à base de plantes existent ? »

L’organisation de conservation marine s’est associée avec le grand magasin britannique Selfridges pour son Projet Ocean 2013, afin de garantir que les produits de beauté qu’ils proposent à la vente ne contiennent pas d’huile de foie de requin ou d’autre produit dérivé des requins.

D’après une étude réalisée en 2011 par des scientifiques français, six crèmes sur les huit qui ont été testées parce qu’elles indiquaient contenir du squalène, avaient été fabriquées à partir de produits dérivés du requin.

Référence de l’étude : « Determination of squalane origin in commercial cosmetic creams using isotop ratio mass spectrometry », Jame P. et al., SOFW Journal, 1-2, 2011.

« En s’imposant des règles pour identifier et retirer de leurs rayons les produits utilisant des produits dérivés des requins, et garantir à ses clients des produits cosmétiques sans requin, Selfridges montre l’exemple et nous espérons qu’il sera suivi par d’autres distributeurs » a ajouté Xavier Pastor, directeur exécutif d’Oceana en Europe.

Le marché européen d’huile de foie de requin est très difficile à contrôler, non seulement en raison de l’absence de règle pour l’étiquetage, mais également de part les règles douanières qui ne distinguent pas l’huile de foie de requin des autres huiles de foie réalisées à partir de poissons. Enfin, l’huile de foie de requin n’est pas parmi les produits couverts par la législation européenne de lutte contre la pêche illégale.


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