De l’uranium dans les océans

Durée de lecture : 2 minutes

25 août 2012 / Audrey Chauvet (20 Minutes)


C’est une bonne nouvelle pour l’industrie nucléaire, peut-être pas pour les écosystèmes marins : des scientifiques, réunis à Philadelphie aux Etats-Unis, ont annoncé que l’extraction de l’uranium contenu dans l’eau des mers pourrait bientôt devenir une réalité. Selon les membres de l’American chemical society, les océans recèleraient au moins quatre milliards de tonnes d’uranium.

« Il y a beaucoup plus d’uranium dilué dans l’eau de mer que dans tous les gisements terrestres connus », estime le Dr Robin Rogers, de l’université d’Alabama. « Ce qui rendait son extraction très chère était sa très faible concentration, mais nous progressons. » Jusqu’à présent, la seule manière d’extraire l’uranium de l’eau était une technique japonaise consistant à filtrer l’eau de mer dans des nasses. Celles-ci sont placées à environ 200m sous la mer, sur une longueur de 100m au plus. On les remonte ensuite à la surface pour les arroser d’une solution acide qui sépare l’uranium de l’eau.

Un « soutien » à l’industrie nucléaire

L’équipe du Dr Rogers a développé des filtres du même type beaucoup plus efficaces et plus écologiques : au lieu de fabriquer des tamis en plastique, ils ont utilisé des carapaces de crevettes. Les scientifiques ont aussi cherché à rendre plus efficace le liquide utilisé pour dissoudre l’uranium. Résultat, le coût d’extraction pourrait être diminué de près de 50%, passant d’environ 990 euros le kilo d’uranium à 530 euros.

Néanmoins, l’uranium de la mer ne remplacera pas les mines : les scientifiques expliquent que ce ne pourra être qu’un « soutien » à l’industrie nucléaire, dont la viabilité ne serait pas assurée en cas d’épuisement des ressources naturelles en uranium. Mais si l’extraction de l’uranium dans les mines cause des dégâts environnementaux, les chercheurs n’ont pas précisé si cette technique pouvait avoir des répercussions sur la qualité de l’eau.



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : 20 minutes

Lire aussi : Les Cris du Québec refusent l’exploitation de l’uranium

12 novembre 2019
Près d’Orléans, les citoyens défendent la forêt contre les bulldozers
Reportage
9 novembre 2019
Chute du mur de Berlin : les écologistes étaient en première ligne
Info
12 novembre 2019
Pour les jeunes des centres sociaux, « la nature parle mais les hommes ne l’écoutent pas »
Reportage




Du même auteur       Audrey Chauvet (20 Minutes)