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Des chrétiens décident de verdir le carême

Durée de lecture : 4 minutes

18 mars 2014 / Olivia Desmoines

Pendant quarante jours, se faire plus léger sur la terre en ne consommant ni viande ni poisson.


Depuis quelques années, au printemps, des groupes chrétiens proposent de réorienter leur mode de vie dans un sens plus écologique : « carême sans carbone », « carême sans voiture » ou « carême vert » prôné cette année par les évêques indiens.

Le thème de la « conversion des modes de vie » rendue nécessaire par la crise écologique figure régulièrement dans les textes et discours des papes, de même que l’importance de « se détourner des idoles de la consommation » revient chez divers penseurs protestants.

Cette année, le mouvement Chrétiens unis pour la terre (CUT) propose de vivre un Carême pour la terre. Il s’agit, jusqu’à Pâques, de s’engager à ne consommer ni viande ni poisson, ce que CUT appelle « 40 jours de paix et de solidarité avec la Création ».

Bref rappel de l’histoire du carême

Le carême est le temps où les Chrétiens commémorent les quarante jours passés au désert par Jésus, avant son entrée dans Jérusalem (« rameaux »), sa mort (« vendredi saint »), suivie de sa résurrection (dimanche de Pâques). Durant ce temps, Jésus jeûne en mémoire des quarante ans passés dans le désert par le peuple juif (dont il faisait partie !), temps de disette et d’exil... mais aussi temps qui prépare la Pâque juive (célébration de la sortie d’Egypte du peuple élu).

Depuis les premiers temps les chrétiens vivent intensément cette période en mettant l’accent sur la prière, le jeûne et le partage. Parmi eux, les Orthodoxes ont conservé une forte exigence en adoptant un régime végétalien (ni vande ni poisson ni sous-poduits animaux) et en jeûnant totalement certains jours.

Délaissé par les protestants, il trouve aujourd’hui auprès d’eux un regain d’intérêt renforcé par les problématiques environnementales. Chez les catholiques, l’accent est mis sur la prière et la solidarité, limitant les préconisations alimentaires à l’abstinence de viande le vendredi.

Pourquoi arrêter viande et poisson aujourd’hui ?

Chrétiens Unis pour la Terre considère que cette période est propice à marquer une rupture dans sa vie et ses habitudes de consommations. Si la consommation de viande a un peu fléchi après le scandale de la « vache folle », les Français en mangent tout de même deux fois plus que dans les années 1950.

Le poisson a pris le relais avec le phénomène sushi notamment ! Or, une assiette équivaut à un table entière de poisson pêché selon Jonathan Safran Foer.

Individuellement, arrêter la viande permet de constater combien elle est partout, dans la restauration collective, chez les copains ou dans les milieux militants où la rondelle de saucisson domine.

Il faut apprendre à s’organiser, consacrer plus de temps à ses repas, considérer que manger n’est pas ’remplir un réservoir’ mais que c’est un acte fort, riche de symboles et aussi une vraie occasion d’exercer sa liberté de choix. Le livre paru récemment Manger, une voie spirituelle permet d’approfondir le sujet.

En 2013, la première initiative avait été suivie par plus de 400 personnes qui s’étaient engagées à modifier leur comportement durant 40 jours et parfois dans la durée..., certains (dont des éleveurs !) limitent à présent les produits carnés à un ou deux jours par semaine.

Comment ça marche ?

Le site Carême pour la terre propose de regarder en face l’industrie de la viande et la chaîne en amont du steak ou du sushi : déforestation, cultures de soja OGM pour nourrir les bovidés, C02 dans le gigot, impact de la surpêche avec le danger dans lequel se trouvent 7 espèces sur dix parmi celles consommées aujoud’hui.

Il propose aussi :

• une approche spirituelle œcuménique avec des contribution d’un évêque, d’une pasteure, d’un prêtre orthodoxe et un beau texte de l’archevêque anglican Desmond Tutu ;
• une approche plus philosophique avec les contributions d’Elisabeth de Fontenay et Jean-Marie Pelt et d’un lama ;
• un argumentaire synthétique sur les enjeux écologiques de la viande et du poisson ;
• des informations nutritionnelles à connaître pour « passer le pas » vers une période végétarienne ainsi qu’une série de recettes simples et savoureuses ;
• un formulaire d’engagement et la possibilité de rester en contact avec l’association en recevant sa newsletter mensuelle.

Enfin, une rencontre « conférence partage » aura lieu avec les initiateurs et divers intervenants (orthodoxe, catholiques et protestants) le mardi 18 mars à Paris à 19h30 au Forum 104 (104 rue de Vaugirard – Paris 6è). Chacun, quelles que soient ses convictions, est bienvenu !


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Source et photos : Courriel à Reporterre

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