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Tribune —

Des climato-sceptiques à l’affaire Woerth


A propos de ce qu’on appelle l’affaire Woerth et concernant la dénonciation par le pouvoir en place des quelques rares média qui osent mettre sur la place publique des informations non-formatées, il serait judicieux de rappeler que pendant des mois, ce même pouvoir a laissé se développer une campagne
des « climato-sceptiques-sauf-d’eux-mêmes »... sans la moindre réaction, ni condamnation, ni appel à la raison, face à des affirmations parfois ignominieuses. Comme quoi les cris d’orfraie sont parfois à géométrie variable...

Je n’ai pas non plus beaucoup entendu parler des points de vue alternatifs, comme celui d’Attac, sur le dossier des retraites...

Quand ce pouvoir n’arrive pas à contrôler l’information, il pousse des cris de vierge effarouchée si par hasard une information qui ne lui sied pas se répand.

Ceci dit, au-delà de l’aspect glauque de cette affaire, si tout est avéré, le problème de fond n’est pas posé : si l’instinct d’accaparement qui a mené à la « réussite » de certains entrepreneurs n’était pas flatté si méthodiquement, si l’impôt redistribuait massivement les sommes énormes (par exemple pour isoler l’habitat et ainsi lutter contre les crises environnementales à venir) confisquées par la réussite dans ce système , si les campagnes électorales se faisaient avec un temps de parole correct et similaire pour tous, attribué réglementairement, avec interdiction d’acheter des campagnes publicitaires massives ou des commentateurs orientés, les sources de certains actes peu vertueux se tariraient d’elles-mêmes.

La nature humaine n’étant pas parfaite, il y aura toujours des « profiteurs », mais si l’on encourage le système fondé, comme l’avait bien remarqué Adam Smith, sur un vice, à savoir l’instinct d’accaparement, il n’est pas étonnant, de voir les petits ou moyens...accapareurs tenter de profiter des gros accapareurs.

Le risque de tout cela est bien sûr de favoriser l’abstention électorale ou le vote pour des mouvements qui prétendent avoir les « mains propres ». Il serait intéressant de rappeler les diverses compromissions entre régimes autoritaires de droite et la ploutocratie qu’ils dénoncent avant d’arriver au pouvoir.

La solution passe par le revenu maximum à définir collectivement.


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