Drame chez les Verts : quitter le gouvernement ? Oh, non !

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2 juillet 2013 / liberation.fr




Le député-maire écologiste de Bègles, Noël Mamère, a proposé mardi 2 juillet sur RTL une « réunion de crise » d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) après l’« éviction » de la socialiste Delphine Batho du gouvernement.

« Il faut que notre parti avec les ministres organise au plus vite une réunion de crise pour savoir si nous devons rester dans ce gouvernement », a-t-il dit. Au même moment Pascal Canfin, l’un des deux ministres écologistes du gouvernement avec Cécile Duflot, annonçait sur Europe 1 qu’ils feraient mardi soir avec Pascal Durand, numéro un d’EELV, « l’analyse politique de la situation ».

Mais Barbara Pompili, co-présidente du groupe des députés Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a affirmé mardi soir à la presse que « les Verts ne quitt(aient) pas le gouvernement », après le limogeage de la ministre PS de l’Ecologie Delphine Batho. « La question de la sortie du gouvernement a été évacuée assez vite », a ajouté Mme Pompili, en quittant la réunion, toujours en cours, des dirigeants EELV au ministère du Logement dirigée par l’écologiste Cécile Duflot. « On attend notamment de rencontrer Jean-Marc Ayrault. J’espère qu’on va le rencontrer assez vite. On a besoin d’avoir des éléments qui nous rassurent sur ce que veut faire ce gouvernement par rapport à l’écologie », a dit Mme Pompili.

Pascal Durand, secrétaire national de EELV, a estimé que l’écologie servait « encore de variable d’ajustement » après la décision du Premier ministre de mettre fin aux fonctions de Delphine Batho. « A partir du moment où elle exprime un désaccord, je regrette que l’on mette fin à ses fonctions immédiatement, et qu’on ne laisse pas l’espace à un débat », a-t-il déclaré sur BFM Business. « Je vois que l’écologie sert encore de variable d’ajustement. On va arriver au troisième ministre de l’écologie en une année. C’est le seul ministère qui a tourné de cette manière, le seul ministère qui manifestement sert de variable d’ajustement ».

« Deux poids, deux mesures »

Le co-président des députés écologistes, François de Rugy, a estimé que « sanctionner les bons élèves quand certains cancres n’ont jamais de sanction », comme Arnaud Montebourg a-t-il suggéré, « c’est quand même assez fort de café ». « Cela donne l’impression qu’il y a deux poids deux mesures, quand on parle d’écologie et d’autre chose », a-t-il déclaré à l’AFP. Interrogé sur le successeur de Mme Batho, Philippe Martin, qui avait été mandaté il y a quelques mois pour faire le lien avec les écologistes, il a déclaré : « On le connaît bien, mais la question c’est : quelle sera sa marge de manoeuvre ». « Il faut qu’il ait une parole forte ».

Le député EELV Sergio Coronado a fustigé « la violence de la décision » et « un fonctionnement de caserne ». « Je ne crois qu’on ait besoin de cela en ce moment », a-t-il dit.

Pour la co-présidente du groupe écologiste Barbara Pompili ce qui importe « ce n’est pas le casting, mais l’orientation écologiste du gouvernement ». « On disait à Delphine Batho qu’il fallait qu’elle s’engage plus, qu’elle "l’ouvre plus", malheureusement elle l’a ouvert un peu trop tard. La vie politique est injuste mais nous, ce qui nous importe ce n’est pas le casting mais l’orientation écologiste de ce gouvernement », a-t-elle déclaré dans les couloirs de l’Assemblée.






Source : liberation.fr]

Photo : Hufftingtonpost

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