Du danger de la concentration des pouvoirs

Durée de lecture : 3 minutes

1er janvier 2010 / François



Une discussion de la contribution de Jean Matouk sur l’organisation politique mondiale.


Je ne suis qu’un modeste (mais très fidèle !) lecteur de votre site et je prends connaissance ce matin de l’article de M. Matouk, sur ce que certains appellent de leur vœux concernant une concertation (concentration ?) des lieux et instances de prise de décisions/orientations sur la question climatique. Fort bien.

Mais a cette option (car c’est déjà plus qu’une thèse), j’éprouve un vague sentiment de malaise : la concentration équivaut invariablement dans les faits à l’uniformisation, pour des raisons bien entendues et dans le meilleur des cas (et des volontés...) de contrôle et d’étalonnage, de mesure des actions entreprises par chacun, résultantes de décisions validées en un seul lieu. C’est quasi inévitable, le quotidien nous le démontre.

Or, la question environnementale ne sera résolue, je ne peux le démontrer, mais le ressens intensément (intuitivement même) que par la multiplication des solutions, venant de l’appropriation des enjeux et actions, par chaque citoyen du monde et vice et versa.

N’est-ce pas cette concentration même du « leadership », de la gouvernance, nationale, mondiale, par des politiques, des industriels et financiers, qui nous a conduit là où nous en sommes ? Cette « crise » n’est-elle pas celle de l’expropriation, de la préemption du Pouvoir Politique, avec de grands « P », décisionnel, du citoyen lambda de son devenir ?

Les solutions tendant à plus de globalisation ne seraient-elles pas de fausses bonnes idées, allant in fine dans le sens de ce qu’il faut encore et toujours combattre ? N’est-ce pas le loup portant une peau d’agneau que certains tentent (consciemment ou non) de faire entrer à nouveau dans la bergerie, à présent que l’on voit mieux comme il est responsable des dégâts passés ?

Qu’il faille plus de cohésion et de cohérence, c’est indéniable, mais j’aime davantage l’idée d’une saine émulation, plus porteuse en elle-même de l’appropriation de chacun d’une réflexion, de sa part de responsabilité dans les défis collectifs, qu’un diktat érigé comme seule voie possible, Urbi et orbi, au prétexte (jamais ratifié démocratiquement, si l’on y réfléchit du reste...) toujours dangereux du bien être commun comme une évidence indiscutable.

Et pour ne pas finir sans propositions concrète, après avoir posé le problème, ne serait-il pas possible, pour un pays de bonne volonté (si l’on en croit notre président !) de prendre des mesures unilatérales, afin de donner l’exemple ?
Taxer ou restituer via la TVA, par exemple, aux frontières tous les produits (nous avons pour ce faire un outil en plein démantèlement que le libéralisme combat farouchement, qui s’appelle les Douanes et dont c’est-était- le métier...) sur la base de leur différence carbonée avec l’engagement français unilatéral, quantifié et mesuré, de réduction des émissions de Gaz a Effet de Serre et mesuré sur nos produits intérieurs ?

Ainsi, on ne pénaliserait que les « mauvais » élèves, en encourageant les bons qu’ils soient nationaux ou non (ce qui ne serait donc pas du protectionnisme...), tout en créant cette émulation qui devrait rapidement faire tache d’huile partout, la soif et le besoin vital de conquête de « parts » du marché étant ce qu’elle est...

Là oui, nous pourrions nous prétendre volontaristes.






Source : Courriel à Reporterre

L’article discute celui-ci : Climat : repenser l’organisation politique mondiale http://www.reporterre.net/spip.php?...

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