E-CINÉMA — « Douce France », quand des jeunes de banlieue enquêtent sur le bétonnage

Durée de lecture : 4 minutes

2 mai 2020



Amina, Sami et Jennyfer sont lycéens en banlieue parisienne, en Seine-Saint-Denis. Avec leur classe, ils ont enquêté sur un gigantesque projet de parc de loisirs qui implique de bétonner les terres agricoles proches de chez eux. Le documentaire « Douce France » retrace leur enquête. Il est diffusé ce samedi 2 mai en avant-première, au cours d’une e-séance de cinéma.

  • Présentation du film par les producteurs :

Douce France raconte l’histoire surprenante de lycéens de banlieue parisienne qui enquêtent sur l’un des plus grands parcs de loisir d’Europe qui devait se construire sur les dernières terres agricoles près de chez eux. Ils nous embarquent dans leur quête, de leur quartier à l’Assemblée nationale, rencontrant sur leur chemin des agriculteurs ou des promoteurs immobiliers. Ce western des temps modernes raconte la reconquête d’un territoire par des jeunes trop souvent mis à l’écart, un voyage réjouissant qui montre qu’un autre modèle de société est possible !

Douce France aurait dû commencer sa tournée d’avant-premières fin avril. Mais avec le confinement, comme nombre de films d’auteurs et de films engagés, nous avons dû repenser la stratégie de distribution. Puisque le contexte nous pousse à nous questionner sur nos modes de vie, nous avons voulu repenser aussi cette séquence très particulière qui est celle de la diffusion d’un film dans les salles.

Les avant-premières commenceront donc sous la forme de e-séances de cinéma. Ce dispositif rentre totalement dans la dynamique d’engagement du projet : il permet d’une part de soutenir les cinémas indépendants et engagés (de nombreux cinémas sont au bord du dépôt de bilan et sont très en demande de solutions leur permettant de maintenir le lien avec leur public) et d’autre part de répondre au très fort besoin d’échanges du public en général.

La première soirée est organisée avec le cinéma Le Méliès, à Montreuil, le samedi 2 mai à 20 h 15, au tarif exceptionnel de 3,50 € le billet. Tout un symbole puisque cette séance sera géolocalisée autour de six cinémas indépendants en plein cœur de la Seine-Saint-Denis (outre le Meliès, Le Ciné 104, à Pantin, le Ciné Malraux, à Bondy, le Cin’Hoche, à Bagnolet, le Magic Cinéma, à Bobigny, et le Trianon, à Romainville/Noisy-le-Sec) où a été tourné le film et où s’est tenu l’essentiel de la mobilisation contre
EuropaCity.

Ce ciné-débat exceptionnel est par ailleurs soutenu par plusieurs ONG engagées pour un changement de cap. L’avant-première sera suivie d’un débat en ligne pour échanger sur le monde d’après dans les banlieues, avec

  • Geoffrey Couanon, réalisateur du film documentaire Douce France,
  • Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace
  • Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne
  • Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac
  • Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement
  • Anne Gellé, Terre de liens

D’autres séances suivront, partout en France, pour faire sortir l’écologie des milieux convaincus et enclencher une dynamique de changement à travers les territoires.

À propos de la salle de cinéma virtuelle :
La salle de cinéma virtuelle La Vingt-Cinquième Heure est un service de diffusion de films mis en place le 18 mars 2020, en réaction à la fermeture des salles de cinéma françaises en raison de la pandémie de Covid-19. Le fonctionnement de cette salle de cinéma virtuelle repose sur les principes suivants :

  • L’accès à la salle de cinéma virtuelle est géolocalisé, seules les personnes situées dans un périmètre variant de 5 à 50 km peuvent y accéder.
  • La programmation est faite par les exploitants de cinéma et les recettes sont partagées entre exploitant, distributeur et le site hébergeant la salle virtuelle.
  • Les séances sont retransmises en direct et ne sont plus accessibles à l’issue de la retransmission.
  • Les séances peuvent être suivies d’une rencontre avec un membre de l’équipe du film ou des intervenants en liens avec sa thématique. A l’issue de la séance, les spectateurs peuvent leur poser des questions grâce à un dispositif de chat vidéo intégré.
  • Chaque ticket fait l’objet du reversement d’une contribution carbone dont le montant a été évalué par la société Secoya à 10 centimes.



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