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En brefPesticides

La ministre de l’Agriculture « VRP » de pesticides interdits

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard lors du 59e congrès du syndicat les Jeunes agriculteurs (JA) à Bourg-en-Bresse, le 4 juin 2026.

Certains pesticides sont interdits en raison de leur dangerosité ? Peu importe, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard encourage à passer outre. Fin mai à Nancy, à l’occasion du congrès des céréaliers de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire et productiviste, elle a ainsi encouragé le dépôt d’une demande de dérogation d’urgence dite de « 120 jours » pour l’utilisation d’herbicides à base de triallate, dénonce Générations futures.

L’association rappelle que cette substance active, présente notamment dans les produits Avadex 480 et Parnass C, a été retirée du marché par l’Anses en 2023 en raison de risques inacceptables pour les eaux souterraines, la santé humaine et certains arthropodes. Le triallate se dégrade en effet en Dipa, un métabolite persistant et précurseur potentiel de nitrosamines, suspectées cancérigènes. Par ailleurs, l’Efsa a alerté sur des effets génotoxiques du triallate lors d’études in vitro.

La ministre de l’Agriculture s’est également montrée attentive à la demande des producteurs de blé d’autoriser la cinmethylin, récemment classée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) comme perturbateur endocrinien, rapportent Contexte et Le Monde. La ministre de l’Agriculture a ainsi invité son fabricant, l’industriel BASF, à transmettre à l’autorité européenne les « méthodes d’évaluation alternatives et les données complémentaires qui permettraient de lever le caractère de perturbateur endocrinien ».

« Mme Genevard travaille main dans la main avec la FNSEA et les industriels »

« Un tel mépris pour l’intérêt général et la protection de la santé et de l’environnement aura rarement été affiché de façon aussi nette. Mme Genevard travaille main dans la main avec la FNSEA et les industriels afin que des molécules dangereuses puissent toujours être autorisées », s’est indignée Pauline Cervan, toxicologue à Générations futures.

De tels partages de « trucs et astuces » pour le repêchage de pesticides dangereux n’est pas inédit. D’après le recensement de l’association, 88 dérogations pour ce type de produits auraient déjà été accordées par le ministère de l’Agriculture entre le 1er janvier 2026 et le 3 juin 2026 à 14 heures. La France est ainsi le deuxième pays européen qui en accorde le plus, après l’Italie.

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