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En brefJustice

Chlordécone : 500 parties civiles se pourvoient en cassation

Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Énième rebondissement dans l’affaire qui oppose l’État aux victimes de la chlordécone. Plus d’un demi-millier de parties civiles se pourvoient en cassation, a déclaré le 30 juin l’un de leurs avocats, Me Christophe Lèguevaques. Objectif : contester la confirmation du non-lieu dans ce scandale sanitaire secouant la Martinique et la Guadeloupe depuis plus de trois décennies.

Du début des années 1970 à 1993, les ouvriers des bananeraies martiniquaises et guadeloupéennes ont eu recours massivement à cet insecticide pour lutter contre un ravageur. Pourtant, dès 1979, l’OMS avertissait de la dangerosité de ce produit toxique, alors classé comme agent possiblement cancérogène.

Résultat : aujourd’hui encore, plus de 80 % des adultes de Martinique et de Guadeloupe sont contaminés à la chlordécone, d’après une étude de Santé Publique France dévoilée le 24 juin. Un sur six dépasserait même le seuil de risque sanitaire. Les terres agricoles, cours d’eau et le milieu marin sont aussi affectés puisque la substance peut rester dans les sols 600 ans.

Le 22 juin, la cour d’appel de Paris avait confirmé le non-lieu prononcé trois ans plus tôt. Une décision fermant aussitôt la porte à une réouverture de l’enquête pénale. Mais les victimes de ce scandale n’entendent pas abandonner le combat de sitôt. Elles portent à présent le dossier devant la Cour de cassation.

Interrogé par l’AFP, Me Christophe Lèguevaques déplore que le non-lieu confirmé par la cour d’appel « repose tout entier sur l’idée qu’il serait "scientifiquement impossible" d’établir un lien de causalité individuel et certain » entre l’exposition à la chlordécone et les pathologies des victimes antillaises. Or, « dans les affaires de substances toxiques, exiger des victimes une preuve d’un lien de causalité individuel et certain revient à organiser l’impunité », dit-il.

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