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Le Tour de France va longer un glacier disparu

Les coureurs du Tour de France dans la descente du col du Tourmalet (Hautes-Pyrénées), le 13 juillet 2024.

Les coureurs du Tour de France savent-ils qu’ils vont longer un glacier disparu ? La Grande Boucle va passer au col de Sarenne, samedi 25 juillet, lors de la 20e étape entre Le Bourg-d’Oisans et l’Alpe d’Huez (Isère). Au même endroit se trouvait le glacier éponyme, officiellement disparu en 2023.

Des scientifiques et des associations profitent de l’engouement médiatique pour cette compétition pour alerter sur la disparition accélérée des glaciers français, qui ont perdu 40 % de leur volume perdu en vingt-cinq ans. Lors de la première édition du Tour de France en 1903, le glacier de Sarenne occupait encore près de 125 hectares. Suivi par les scientifiques depuis 1948, il a perdu 130 m d’épaisseur en un peu plus d’un siècle, avant de disparaître pour toujours.

La zone du glacier de Sarenne en 1906, trois ans après le premier Tour de France, et telle que le peloton du Tour la verra le 25 juillet.

« Le Tour de France peut transformer l’émotion et la passion qu’il suscite en une véritable force collective pour protéger ces territoires et le vivant, explique Garance Nivault, cofondatrice de l’association Cimes blanches France. Car les espaces glaciaires sont bien plus que des décors emblématiques : ils sont les premiers témoins de changements qui ne s’arrêtent pas aux sommets et qui disent les limites d’un modèle de société capitaliste basé sur l’extraction, la consommation et la production infinie, une exploitation sans limite des mondes humains et non-humains. »

Le glacier de Saint-Sorlin, tout proche du col de la Croix de fer, où passeront également les cyclistes samedi, disparaîtra sûrement avant 2050 si les émissions de gaz à effet de serre continuent sur la trajectoire actuelle. Ce sort attend la plupart des glaciers en dessous de 3 500 m d’altitude. Dans les Pyrénées, il ne reste que 17 glaciers, qui recouvrent 170 hectares et s’éteindront d’ici une dizaine d’années.

La mort des glaciers n’est pas la seule conséquence du réchauffement climatique en montagne : les chercheurs rappellent également les conséquences de la dégradation du pergélisol, qui ne fait plus office de ciment des parois, et qui entraîne de nombreux éboulements.

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