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EPR : l’épée de Damoclès qui pourrait empêcher sa mise en service

Mais pourquoi EDF est-elle si préoccupée de finir l’EPR de Flamanville avant avril 2017 ? Parce que tout retard supplémentaire nécessiterait... un nouveau débat public, plein d’incertitudes.


Le décret de création du réacteur EPR de Flamanville, signé le 10 avril 2007 par le premier ministre Dominique de
Villepin, et publié le lendemain au Journal officiel de la République,
contient une véritable bombe à retardement dont les conséquences sont potentiellement catastrophiques pour les finances d’EDF… voire pour la
santé de la population européenne.

En effet, ce décret précise (article 3 alinéa 2) que "Le délai
pour réaliser le premier chargement en combustible nucléaire du
réacteur est fixé à DIX ANS à compter de la publication du
présent décret au Journal officiel de la République française"
,
c’est-à-dire AVANT LE 11 AVRIL 2017.

Au moment de la publication de ce décret, alors que EDF prétendait
construire et mettre en service l’EPR en cinq ans, un délai de dix ans
relevait assurément d’une prudence extrême, voire excessive. Il en est tout autrement aujourd’hui.

En effet, ayant accumulé les retards, contretemps, et autres
malfaçons, EDF se retrouve désormais avec une épée de Damoclès au dessus de la tête. La mise en service de l’EPR est officiellement prévue pour 2016… si tout se passe bien. Or, depuis le début de ce chantier catastrophe, tout se passe mal.

Si de nouveaux contretemps compromettaient le chargement de l’EPR
avant la date fatidique du 11 avril 2017, les conséquences seraient
incommensurables pour EDF : LECRET DE CRÉATION DE L’EPR NE SERAIT PLUS VALABLE, il faudrait refaire toute la procédure administrative, y
compris un nouveau BAT PUBLIC OFFICIEL puis une enquête
publique, ce qui prendrait à coup sûr plusieurs années.

Le réacteur EPR, qui aurait probablement (?) été achevé entre
temps, resterait donc à l’arrêt, achevant de ruiner les finances et ce
qu’il reste de crédibilité à EDF. Il est évident que les autorités françaises veulent à tout prix éviter ce scénario catastrophe, ce qui pose d’ores et déjà des questions cruciales.

En effet, maintenant que EDF a gaspillé tous ses « jokers », LE RISQUE
EST QUE LES PROCHAINES MALFAÇONS SOIENT CACHÉES afin de ne pas
dépasser la date du 11 avril 2017. EDF va exercer - ou exerce déjà -
en sous-main une pression morale SUR LES DIRIGEANTS POLITIQUES ET SUR CEUX DE L’AUTORITÉ DERETÉ NUCLÉAIRE, dont la supposée
« indépendance » a été prise en défaut lorsque l’enjeu politique
était crucial (cf http://observ.nucleaire.free.fr/deconstruire-mythe-lacoste.htm).

Il est donc clair que ce ne sont pas seulement les finances d’EDF,
déjà exsangues, qui sont menacées par cette épée de Damoclès :
c’est bien la santé de la population européenne qui est en jeu.
Certes, MÊME SANS MALFAÇONS, l’EPR est comme tout réacteur nucléaire
susceptible de causer une catastrophe.

Mais l’EPR, mal conçu et mal construit, est probablement UN DES PLUS
DANGEREUXACTEURS NUCLÉAIRES AU MONDE. Et si, de plus, IL EST MIS EN SERVICE AVEC DES MALFAÇONS CACHÉES, la possible catastrophe nucléaire sera alors tout à fait probable.

Le mieux serait assurément de suivre les exemples de réacteurs
nucléaires ENTIÈREMENT CONSTRUITS MAIS JAMAIS MIS EN SERVICE, comme à LEMONIZ (ESPAGNE), ZWENTENDORF (AUTRICHE) ou KALKAR (ALLEMAGNE).


Comment EDF a menti dès 2005 pour

OBTENIR LACISION DE CONSTRUIRE L’EPR

-  Le coût de l’EPR annoncé au départ par EDF était de 2,8 milliards

-  Les mensonges d’EDF ne concernaient pas que le prix de l’EPR...

EDF vient d’annoncer que le réacteur EPR en construction à Flamanville
(Manche) coûterait 8,5 milliards, soit 2 milliards de plus… que lors
de la précédente estimation, quelques mois plus tôt. En réalité, le
surcoût À CE JOUR (il serait très surprenant qu’il n’y ait pas
bientôt de nouvelles augmentations) est de 5,7 milliards.

En effet, le premier chiffre avancé par EDF en 2005 était de 2,8
MILLIARDS
(cf http://observ.nucleaire.free.fr/EDF-promo-EPR-2005.pdf)
Le chiffre actuel de 8,5 milliards est donc LE TRIPLE DU PRIX ANNONCÉ
AUPART.

L’Etat étant l’actionnaire principal d’EDF (et même actionnaire unique
jusqu’en 2005), l’aval des parlementaires était indispensable pour le
lancement du chantier de l’EPR, ce qui a été le cas avec l’adoption de
la Loi d’orientation sur l’énergie (LOE) de 2005 (http://observ.nucleaire.free.fr/LOE-2005.pdf) qui précise :

"L’Etat se fixe donc trois priorités. La première est de maintenir
l’option nucléaire ouverte à l’horizon 2020 en disposant, vers 2015,
d’un réacteur nucléaire de nouvelle génération."

Pour obtenir l’aval des parlementaires, EDF a lourdement menti sur le
prix de l’EPR : ce dernier aurait-il été accepté si le coût de 8,5
milliards (à ce jour) avait été connu ?

Pire : pour éviter tout doute quant au coût réel, comme on peut le
voir dans les documents publiés à la même époque par EDF pour le
Débat public officiel (organisé par la Commission nationale du Débat
public) en 2005 :

-  EDF A PRÉTENDU QUE LE PRIX ANNONCÉ INTÉGRAIT "LES COÛTS DE
VELOPPEMENT DE L’EPR"
 :

« EN INTÉGRANT LES COÛTS DEVELOPPEMENT DE L’EPR, LE PROJET »FLAMANVILLE 3" REPRÉSENTE UN INVESTISSEMENT DE L’ORDRE DE 3 MILLIARDS
D’EUROS."

(cf http://observ.nucleaire.free.fr/EPR-synthesedossierEDF-Debatpublic2005.pdf)

-  EDF A PRÉTENDU MAÎTRISER "LES COÛTS DE CONSTRUCTION DE SES
NOUVEAUX OUVRAGES."
 :

"Au fil du temps, EDF est devenu le véritable architecte de ses
centrales. Cette compétence est stratégique pour l’entreprise car elle
lui permet de faire évoluer son parc EN MAÎTRISANT LES COÛTS DE
CONSTRUCTION DE SES NOUVEAUX OUVRAGES."

(cf http://observ.nucleaire.free.fr/EDF-EPR-Lepointsur.pdf, page
3)

"Au fil du temps, EDF a développé des compétences d’ingénierie et
d’exploitation de centrales nucléaires. Ces compétences sont
stratégiques pour l’entreprise. Elles lui permettent, aujourd’hui,
d’être à la fois l’architecte et l’exploitant de ses centrales,
d’avoir ainsi UNE PLEINE MAÎTRISE DE LARETÉ ET DES COÛTS TOUT AU
LONG DE LA VIE DES INSTALLATIONS."

(cf http://observ.nucleaire.free.fr/EPR-synthesedossierEDF-Debatpublic2005.pdf, page3)

Le décret de création de l’EPR, signé par le premier ministre de
Villepin… 10 jours avant l’élection présidentielle de 2007, précise
bien que la décision est prise, entre autre :

Vu la demande présentée le 9 mai 2006 par EDF et les dossiers joints
à cette demande ;

Vu le compte rendu et le bilan du débat public organisé du 19
octobre 2005 au 18 février 2006 ;
(cf http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=20070411&numTexte=6)

La décision a donc bien été prise… « VU LES MENSONGES D’EDF » ! Bien
sûr, les partis politiques qui se partagent le pouvoir depuis des
décennies (principalement le PS et le RPR devenu UMP) sont
pronucléaires, et leurs parlementaires votent mécaniquement tout texte
qui soutient le lobby de l’atome.

Pour autant, IL EST INJUSTIFIABLE QUE LES PARLEMENTAIRES, ET PLUS
GÉNÉRALEMENT TOUS LES CITOYENS, AIENT ÉTÉ TROMPÉS PAR EDF SUR LE
PRIX DE L’EPR. Car EDF savait parfaitement qu’il était impossible de
construire un réacteur en 5 ans et à 3 milliards…


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