EXCLUSIF : La centrale de Fessenheim est beaucoup moins sûre que les centrales allemandes

Durée de lecture : 3 minutes

5 mai 2013 / par villalard

Des scientifiques allemands ont réalisé à la demande du ministère de l’Environnement du Bade-Wurtemberg une étude comparative entre les centrales de Fessenheim, en France, et de Beznau, en Allemagne. Conclusion : les conditions de sécurité françaises sont très inférieures à la pratique allemande. Reporterre publie en primeur la traduction française de ce rapport.


A la demande du ministère de l’Environnement du Bade-Wurtemberg, l’Institut für angewandte Ökologie (Institut pour l’écologie appliquée) et l’Öko-Institut ont étudié en 2012 les centrales de Fessenheim, en France, et de Beznau, en Allemagne. Ce rapport vient d’être traduit en français par l’Association trinationale de protection nucléaire.

Le bilan est très négatif en ce qui concerne la centrale française.

Voici quelques extraits de ce rapport, que Reporterre publie en exclusivité :

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Tremblement de terre : « En supposant que le potentiel de robustesse constaté par la RSK pour les centrales allemandes puisse être établi pour un niveau d’intensité sismique, les réserves indi- quées pour la centrale de Fessenheim sont nettement inférieures par rapport à celles des centrales allemandes ».

Inondation : « L’opérateur de la centrale de Fessenheim indique des réserves pour les événements d’inondation à analyser selon la conception entre 0,06 et 0,41 m. Nous ne pouvons pas évaluer la signification de ces réserves sur une base de probabilité puisque nous ne sommes pas en possession d’informations ni sur les débits nécessaires pour un tel volume d’eau supplémentaire, ni sur les probabilités de dépassement corrélatives. Par rapport aux niveaux de sûreté qui existent dans les centrales allemandes, les réserves de la centrale de Fessenheim peuvent être qualifiées de plutôt faibles. »

Piscine de stockage des combustibles usés  : « Dans la centrale de Fessenheim, les piscines de stockage se trouvent dans un bâti- ment séparé. Or, dans les réacteurs à eau pressurisée encore en fonctionnement en Allemagne, ces piscines sont situées dans l’enceinte de confinement, à l’intérieur du bâtiment réacteur. Ceci assure une protection supplémentaire contre des actions mé- caniques venant de l’extérieur et une rétention de produits de fission en cas d’un en- dommagement des éléments combustibles. Dans ces conditions, nous estimons que l’implantation de la piscine de stockage à l’intérieur du bâtiment du réacteur, au sein de l’enceinte de confinement, est un avantage pour la sûreté des centrales allemandes. »

Alimentation électrique : « Les réserves pour l’alimentation électrique existantes dans la centrale de Fessenheim sont donc nettement inférieures par rapport aux réserves des centrales allemandes. »

Eau de refroidissement : "En ce qui concerne les centrales allemandes, la RSK a constaté que dans toutes les centrales encore en fonctionnement, une défaillance du système de refroidissement d’eau secondaire sera maîtrisable par des mesures d’urgence. De surcroît, on a constaté, notamment en ce qui concerne les centrales encore en fonctionnement dans le Bade-Wurtemberg, GKN II (Neckarwestheim II) et KKP 2 (Philippsburg 2), qu’il existe d’autres éléments de refroidissement d’eau secondaires diversifiés (autre puits ther- mique, composants actifs) et redondants (n+1).

Pour la centrale de Fessenheim, nous n’avons aucun document concernant la maîtrise à long terme d’une défaillance du système de refroidissement d’eau secondaire, par des mesures d’urgence internes à la centrale (réapprovisionnement des stocks de fluide de refroidissement, refroidissement des composants, etc.)."

Voici le texte complet du rapport, à télécharger :



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Source : Courriel à Reporterre du Réseau Sortir du nucléaire.

Lire aussi : Centrale de Fessenheim : l’Allemagne s’inquiète



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