Ecole maraichère et table d’hôte avec les légumes du jardin en permaculture

Durée de lecture : 4 minutes

29 mai 2013 / par villalard


Cécile et Benoît vivent à Martillac, une petite ville aux environs de Bordeaux. C’est au milieu des vignes d’un grand vin qu’ils ont construit leur maison, toute de matériaux nobles et naturels.

Depuis 4 ans, Cécile cultive avec passion et beaucoup de talent un petit coin de verdure à l’arrière de leur maison. Ce qui n’était qu’un carré d’herbe s’est transformé en un magnifique et luxuriant potager orné d’arbres fruitiers, de buissons à baies et de fleurs gourmandes. « Il y a 4 ans, j’ai fait un stage, un peu par hasard, chez Kokoppeli . J’y ai découvert la permaculture et l’utilisation des micro-organismes. De retour chez moi, j’ai tout de suite commandé le matériel pour me mettre à l’œuvre » raconte Cécile. Les poules pondeuses déjà présentes pour leurs bons œufs, sont venues fertiliser la terre de leurs déjections. Cécile s’est documentée pour mettre en place un compost efficace pour enrichir son sol (à tendance sableuse, dans cette région) : « J’ai aussi fait un stage dans une association locale pour apprendre l’utilisation des toilettes sèches. Nous en avons une dans le jardin et une dans la maison, aucun problème d’odeur car nous avons bien pensé notre système ! » Un sol riche et vivant est la base d’un jardin en bonne santé, la démonstration est ici flagrante, puisque Cécile récolte jusqu’à 10 kilos de tomates par pieds !

L’espace est agencé selon les principes de la permaculature, ces techniques efficaces et de bon sens permettent de produire une grande quantité de légumes et de fruits sur une surface relativement petite et avec un minimum de travail (environ 5 heures par semaine). « Mon grand luxe et plaisir, c’est savoir que les produits que je cuisine ont été cueillis dans mon potager quelques heure avant de les déguster. Cet été nous n’avons mangé que des légumes du jardin et j’ai même fait des bocaux de fruits pour cet hiver ».

Il y a quelques mois, Cécile à participé à un stage aux Amanins, pour s’initier à la création d’un éco-projet autour de ses deux activités : la cuisine et le jardinage. LAbelleBio est née quelques semaines plus tard : elle invite des personnes qui désirent apprendre la cuisine bio, végétarienne et sans gluten à venir chez elle pour préparer de bons petit plats. Elle présente les ingrédients bios (et parfois un peu exotiques pour les non initiés) qu’elle utilise quotidiennement : les céréales, légumineuses diverses, le tofu, le seitan, les algues… Bien entendu, la plupart des légumes que les « élèves » cuisinent proviennent du jardin ! « On transmet quelque chose, les gens qui viennent à LAbelleBio voient le jardin, le plaisir que cela procure de l’entretenir, ils apprennent à cuisiner des choses simples et bonnes et de voir l’exemple concret leur donne envie de faire la même chose. J’adore quand les gens m’appellent quelques temps après pour me dire qu’ils ont tout chamboulé dans leur jardin ou leur cuisine ! » LaBelleBio organise également des cours de jardinage et plus particulièrement sur l’utilisation des micro-organismes (EM).

L’été dernier, Cécile a installé une ruche dans son jardin. Cet aménagement permet de « booster » toute la pollinisation, de récolter du bon miel et de faire un acte écologique en offrant à ses abeilles de saines fleurs à butiner. « Les abeilles sont fascinantes et très attachantes. Les voir butiner de fleur en fleur, travailler, organiser leur ruche est passionnant. J’ai parfois l’impression qu’elles me reconnaissent à voir la manière dont elles volent… ».

Depuis quelques mois, s’ajoute à toutes les activités de LaBelleBio la possibilité de diner en tables d’hôtes. Un soir par mois, Cécile cuisine pour ses convives un délicieux repas végétarien et sans gluten. L’occasion pour certains de découvrir cette cuisine, loin d’être monotone comme le pensent nombre d’amateurs de viandes. L’ambiance des repas est excellente, ce ne sont pas les sujets de discussions qui manquent et Cécile parle bien volontiers des plaisirs que lui procure son jardin, les ateliers cuisine et ses ruches. « J’ai toujours mené les choses ’au flair’. Je suis contente d’avoir expérimenté les choses dans l’ordre : le jardin, la cuisine, c’est un couple qui marche ! Ce n’est pas bien compliqué, tout le monde peut le faire et c’est vraiment très plaisant de manger ce que l’on cultive. Nous avons réussi et nous ne sommes pas des hurluberlus, nous sommes des gens comme tout le monde ».



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : [Colibris-http://www.colibris-lemouvement.org/webzine/les-solutions/du-potager-lassiette-labellebio]

12 novembre 2019
Pour les jeunes des centres sociaux, « la nature parle mais les hommes ne l’écoutent pas »
12 novembre 2019
Paysans et défenseurs des animaux doivent s’unir contre l’industrialisation du vivant
12 novembre 2019
Qu’est-ce qu’un nano-plastique ?


Du même auteur       villalard