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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Tribune —

Emissions des riches, couic !


La placidité du corps social à l’égard des hautes rémunérations est fascinante. Le système financier s’est affaissé, l’économie traverse sa plus grave crise depuis des décennies, le chômage suit une courbe ascensionnelle ; mais tranquillement, toute honte bue, les classes dirigeantes, responsables de la situation, continuent à s’allouer des revenus extravagants. Fascinant, vraiment.

Tiens, j’apprends que les Jeunes socialistes suisses lancent une initiative populaire pour limiter les hauts salaires. Le salaire maximal versé par une entreprise ne pourrait pas être plus de douze fois supérieur au salaire minimal.

Il faut vraiment être jeune et suisse pour avoir des idées pareilles. Bon, enfin, ce que j’en dis... Mon sujet, à la chronique Ecologie, c’est les petites fleurs, les moutons, les lombrics, les océans, le changement climatique...

Ah, justement, le changement climatique ! J’ai lu un article passionnant dans la livraison du 9 juillet de la revue de l’Académie des sciences des Etats-Unis, la PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences). Ce n’est pas du Guillaume Musso (Que serais-je sans toi ? ; Seras-tu là ?). Mais l’article signé par Shoibal Chakravarty et d’autres chercheurs, dont Stephen Pacala et Robert Socolow, titille les neurones.

Pour prévenir une crise climatique, il faut limiter les émissions de gaz à effet de serre : ne pas dépasser 30 milliards de tonnes de CO2 (gaz carbonique) en 2030. Plutôt que de raisonner comme d’habitude en termes d’émissions par pays, Chakravarty et sa bande abordent la question en termes d’émissions par individu. Ils étudient comment se distribuent les revenus dans les différents pays, puis à l’échelle du monde.

Plus on a des revenus élevés, plus on émet de CO2, et il est possible d’établir une relation entre le niveau de revenu et le niveau d’émission. Sachant que nous devrions être 8,1 milliards d’humains en 2030, les calculs conduisent à fixer à 10,8 tonnes par individu le plafond maximal qui permettrait à l’humanité de rester dans l’enveloppe de 30 milliards de tonnes. En dessous de ce plafond subsiste une importante inégalité des revenus (de 1 à 10 tonnes par habitant), mais elle est écrêtée. Car il faut « éliminer toutes les émissions qui dépassent ce niveau », ce qui concerne environ 1 milliard d’émetteurs.

Le raisonnement a ce mérite premier de souligner que lutter contre le changement climatique ne peut faire abstraction de l’inégalité sociale.

Autre aspect intéressant du papier, c’est que l’on va trouver beaucoup de gens aux Etats-Unis ou en Europe qui émettent plus de 10 tonnes de CO2 par an, mais aussi en Chine ou dans d’autres Etats du Sud : ce n’est plus seulement Nord et Sud qui sont en cause mais bien, partout, les couches riches et les masses populaires.

Conclusion : faibles émetteurs de tous les pays, unissez-vous !

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Référence :

-  Shoibal Chakravarty et al. , « Sharing global CO2 emission reductions among one billion high emitters », PNAS, 6 juillet 2009.

http://www.pnas.org/content/early/2...


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