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En brefClimat

En Isère, un village dévasté par des crues torrentielles

La Bérarde, en Isère, a été détruit par de fortes pluies, dans la nuit du 20 au 21 juin 2024.

Des torrents de boue et de cailloux ont emporté des chalets. L’église en pierre a été coupée en deux par les flots. La route d’accès est devenue inaccessible pour plusieurs mois. Dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 juin, le hameau de La Bérarde, dans les Écrins, a été dévasté par une « lave torrentielle » qui a tout détruit sur son passage, sans faire de victimes.

À l’origine de cette catastrophe, de fortes pluies qui ont arrosé l’Isère durant la semaine précédente. « Les confrontations de masses d’air chaude et froide expliquent ces phénomènes de pluies très intenses. Le changement climatique n’y est pas pour rien. Mais cet épisode s’est combiné avec un autre phénomène ponctuel, celui d’une très importante fonte des neiges de printemps », explique Gaétan Heymes, ingénieur en météorologie, cité dans Le Monde.

Selon les relevés de Météo-France, l’isotherme 0 °C — l’altitude à laquelle la température atteint la valeur de 0 °C — est monté à une altitude de 4 000 mètres les jours précédant la catastrophe. Signe d’un fort réchauffement de l’atmosphère. « Sur les 48 heures, il y a eu une grosse fonte nivale. Par endroit j’ai dû perdre entre 50 centimètres et 1 mètre de neige », explique Sandrine Delorme, la gardienne du refuge du Promontoire, proche de La Bérarde, dans une vidéo recueillie par Le Dauphiné libéré. Le journal évoque également « l’hypothèse d’une rupture d’une poche glaciaire formée par la moraine du glacier de Bonne Pierre alimentée depuis des années par la fonte du permafrost ».

Dans tous les cas, le réchauffement climatique n’est pas étranger à ce drame. « La destruction de La Bérarde ce 21 juin 2024 est une nouvelle étape de notre apprentissage de l’amplification des effets du changement climatique », assure à Montagnes Magazine Philippe Bourdeau, professeur émérite à l’université Grenoble-Alpes, coordinateur scientifique du programme Refuges sentinelles.

Ce n’est pas la première fois que la région Auvergne-Rhône-Alpes est touchée. Depuis 2023, le refuge du Châtelleret, à deux heures de marche de La Bérarde, a été fermé après un violent orage du même type. En 2021, le refuge de la Pilatte, également accessible au départ de La Bérarde, s’est fissuré à cause de la fonte du permafrost et a dû être définitivement fermé.

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